Chantiers navals polonais : l’UE exige le remboursement des subventions [FR]
Hier 6 novembre, après quatre ans d’enquête, la Commission européenne a demandé au gouvernement polonais de récupérer les aides d’Etat d’une valeur de 3,3 milliards d’euros accordées à deux chantiers navals en difficulté. La Commission exige ainsi en réalité une privatisation de ces chantiers, qui mettrait en péril près de 60 000 emplois.
Hier 6 novembre, après quatre ans d’enquête, la Commission européenne a demandé au gouvernement polonais de récupérer les aides d’Etat d’une valeur de 3,3 milliards d’euros accordées à deux chantiers navals en difficulté. La Commission exige ainsi en réalité une privatisation de ces chantiers, qui mettrait en péril près de 60 000 emplois.
La Commission a décidé que les subventions accordées aux sites de Gdynia et de Szczecin étaient « illégales » car elles ne visent pas à garantir leur existence, mais leur donnent plutôt un avantage injuste par rapport à leurs concurrents privés.
Selon l’accord conclu avec le gouvernement polonais, Varsovie vendra tout d’abord les actifs des chantiers navals afin de compenser les pertes, puis liquidera les sites en tant que tels.
La commissaire à la Concurrence Neelie Kroes a indiqué que cette décision était la plus difficile qu’elle avait eu à présenter à l’exécutif européen. Elle s’est toutefois déclarée confiante quant à cette solution, qui garantirait à son avis la viabilité économique future de ces sites.
Les deux chantiers navals ayant été au centre de la lutte du pays contre le communisme dans les années 1980, la Pologne nourrit un lien émotionnel et historique à leur égard.
Mme Kroes a salué « l’excellente coopération » du gouvernement polonais, qui a décidé de revendre les chantiers dans le cadre d’appels d’offres ouverts d’ici la fin mai 2009, selon un communiqué de la Commission.
Le ministre polonais de la Trésorerie Aleksander Grad a indiqué que le compromis était bon pour la Pologne et pour les chantiers navals, ajoutant qu’il permet d’aller calmement de l’avant en vue de la privatisation.
Les sites de Gdynia et de Szczecin emploient quelque 4 500 collaborateurs au total, mais le gouvernement polonais estime que jusqu’à 60 000 emplois pourraient être mis en péril par les dernières évolutions, qui devraient également toucher les secteurs de l’approvisionnement et des services.
Les syndicats polonais ont fait part de leur préoccupation par rapport au sort des employés, craignant la fin de l’industrie navale en Pologne. Les nouveaux propriétaires potentiels ne seraient pas obligés de poursuivre la construction de navires ou de conserver les milliers d’employés qui y travaillent.
Mme Kroes a promis que l’UE aiderait les employés lésés par le biais de programmes tels que le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation.
De son côté, la Commission n’a pas encore pris de décision par rapport au chantier tout proche de Gdansk, qui a reçu moins de subventions d’Etat et a déjà été privatisé. Mme Kroes conseille au gouvernement polonais de présenter un plan de restructuration pour le site, berceau du mouvement Solidarnosc, qui avait aidé à renverser le gouvernement communiste en 1989.