L'UE donne le coup d'envoi des gigafactories dédiées à l'IA

L'UE lance un appel d'offres de 5 milliards d'euros pour financer la mise en place d'un réseau de sept pôles d'IA

EURACTIV.com
Chantier de construction d'un centre de données dédié à l'intelligence artificielle en Angleterre [Photo : Ian Forsyth/Getty Images]

L’UE a publié jeudi un appel d’offres très attendu pour la construction d’une infrastructure informatique dédiée à l’IA – avec un avis de marché de 5 milliards d’euros de financement européen portant sur un projet multisite et multinational comprenant sept « gigafactories » d’IA.

Il s’agit d’une évolution par rapport au projet initial de la Commission, datant de février 2025, lorsque la présidente Ursula von der Leyen avait pour objectif de mobiliser un total de 20 milliards d’euros pour mettre en place quatre gigafactories. 

L’investissement total pour les sept gigafactories s’élèvera à 30 milliards d’euros : 5 milliards d’euros provenant de l’UE, 5 milliards d’euros des pays de l’UE et 20 milliards d’euros d’investisseurs privés.

L’appel d’offres pour ce projet devait initialement être lancé fin 2025, mais la Commission l’a reporté au printemps 2026, puis l’a encore repoussé jusqu’à aujourd’hui. 

Un réseau de pôles de calcul pour l’IA

Selon la Commission, dix-huit pays de l’UE sont intéressés par la construction des sept pôles de calcul pour l’IA de l’UE, ce qui signifie que ces installations – trois grands pôles et quatre plus petits – seront réparties dans plus de sept pays.

La structure du projet final signifie que l’UE disposera à terme d’un réseau d’infrastructures d’IA couvrant plusieurs pays.

L’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce ont manifesté leur intérêt pour contribuer à la construction de l’une des plus grandes gigafactories – chacune devant à terme abriter 100 000 puces d’IA de pointe. 

Treize pays de l’UE ont manifesté leur intérêt pour la construction des quatre gigafactories plus petites, dont chacune devrait être équipée de jusqu’à 75 000 puces d’IA – parmi lesquels la France, la Pologne, la Finlande, le Danemark et la Tchéquie.

Parmi les pays ayant déclaré vouloir contribuer à une « petite » infrastructure d’IA située sur le territoire d’un autre pays figurent la Croatie, l’Estonie, la Hongrie, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie et la Suède. Ceux-ci sont moins susceptibles d’accueillir une infrastructure de calcul d’IA sur leur propre territoire, bien que ces détails dépendent des accords conclus avec les pays chefs de file.

Parmi les pays de l’UE qui ne participeront pas à l’appel d’offres figurent notamment les Pays-Bas, la Roumanie, la Belgique, l’Autriche et la Bulgarie.

La date limite de dépôt des offres est fixée au 12 novembre. La première phase de construction des gigafactories d’IA devrait être achevée d’ici mai 2028, selon un responsable de la Commission.

Dans un premier temps, les sites les plus petits seront équipés de 25 000 puces d’IA chacun, et les plus grands de 40 000.

Souveraineté

La date d’achèvement définitive des gigafactories est fixée contractuellement à mai 2032, bien que la Commission ait indiqué qu’elle inciterait les consortiums à terminer les travaux « dès que possible ».

L’appel à propositions comprend une mesure visant à limiter la position dominante de Nvidia sur le marché des puces d’IA destinées aux centres de données : les candidats doivent démontrer qu’ils ont mis en place des mesures pour atténuer la « dépendance vis-à-vis d’un fournisseur », les consortiums obtenant un score faible risquant d’être disqualifiés.

(nl)

MISE À JOUR : correction de la date d’achèvement de la première phase de construction