Classement de Shanghai 2024 des universités : l'UE devant les États-Unis et la Chine
Pour la première fois, une université française se classe au 12e rang du classement de Shanghai 2024, dévoilé le 15 août. Les établissements de l'UE y sont très inégalement représentés.
Pour la première fois, une université française se classe au 12e rang du classement de Shanghai 2024, dévoilé le 15 août. Les établissements de l’Union européenne (UE) y sont très inégalement représentés.
« Paris-Saclay est magique ! Jamais une université française n’avait été si bien classée dans le prestigieux classement de Shanghai : 12e au monde », a réagi Emmanuel Macron sur X, jeudi 15 août.
Le président français avait en effet de quoi se réjouir à l’annonce du classement annuel de Shanghai des 1000 meilleures universités du monde. Car si les universités américaines restent intouchables, en particulier l’Université Harvard qui conserve sa première place, les établissements français progressent fortement.
L’Université Paris-Saclay a ainsi gagné trois places en un an, devenant la première université de l’UE en 2024. Mais attention, cette dernière n’est pas la première du continent européen : les universités britanniques de Cambridge et d’Oxford occupent respectivement les 4e et 6e rangs.
L’UE peu présente dans le top 50 mais l’emporte au général
L’Université Paris Sciences Lettres arrive cette année au 33e rang, en progression de huit places par rapport à 2023, tandis que Sorbonne Université se classe au 41e rang, soit un gain de 5 places par rapport au dernier classement. Trois universités françaises intègrent donc le fameux top 50.
Parmi les 27 pays de l’Union européenne, l’Allemagne et la France comptent six universités dans le top 50, les établissements allemands étant toutefois moins bien classées (43e, 47e et 50e rangs) que leurs homologues français. Seuls l’Université de Copenhague (32e) et l’Institut Karolinska en Suède (43e) complètent la présence des pays de l’Union dans le top 50.
L’UE est cependant plus représentée que la Chine et les États-Unis si l’on considère l’ensemble du classement. Avec 135 universités dans le Top 500, l’Union devance les États-Unis (114) et la Chine (91). C’est aussi le cas pour le Top 1000, où elle compte 256 universités classées, contre 203 pour la Chine et 183 pour les États-Unis.
La répartition des universités européennes est néanmoins disparate. L’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne ont chacune plus de 40 universités représentées, alors que 10 pays de l’UE n’en ont qu’une, comme Chypre ou le Luxembourg, voire aucune, comme la Roumanie ou Malte.
Un classement prestigieux mais critiqué
Si la notoriété du classement de Shanghai n’est plus à démontrer, certains le considérant comme une référence en la matière, d’autres classements apportent des informations intéressantes, comme le Time Higher Education, le QS World University Rankings ou encore le CWTS Leiden Ranking. Chacun possède une méthodologie propre, ce qui explique leurs résultats différents.
Il est notamment reproché au classement de Shanghai de baser uniquement sa méthodologie sur des critères quantitatifs, et de survaloriser les sciences dures, au détriment des sciences sociales et humaines. La philosophie et la linguistique ne sont par exemple pas prises en considération.
La Commission européenne soutient de son côté depuis 2014 le classement U-Multirank, en partenariat avec plusieurs universités européennes. L’idée est « d’éviter les classements simplistes qui peuvent entraîner des comparaisons trompeuses ». Celui-ci ne rencontre pas un succès comparable à ses concurrents américains et chinois.
[Édité par Laurent Geslin]