Contre toute attente, Yves Cochet devrait devenir député européen
Malgré leur opposition à la méthode retenue par le gouvernement français, les parlementaires verts de l’Assemblée nationale ont décidé, grâce au soutien des socialistes, de se lancer dans la course pour obtenir un siège supplémentaire à Bruxelles.
Malgré leur opposition à la méthode retenue par le gouvernement français, les parlementaires verts de l’Assemblée nationale ont décidé, grâce au soutien des socialistes, de se lancer dans la course pour obtenir un siège supplémentaire à Bruxelles.
Communistes, verts, socialistes et centristes tombent à bras raccourcis, depuis deux ans, sur le choix du gouvernement de désigner au sein de l’Assemblée nationale les deux députés européens supplémentaires octroyés à la France par le traité de Lisbonne.
Ils s’étaient tous jurés leurs grands dieux qu’ils ne participeraient pas à ce « scandale à l’état pur », cette « pantalonnade ». Selon eux, le gouvernement aurait dû sélectionner les personnalités les mieux placées sur les listes du scrutin de 2009 ou organiser des élections partielles. Comme cela a été le cas partout en Europe.
Mais le gouvernement français a obtenu une dérogation à Bruxelles et eu raison de la fronde nationale. To be or not to be…
Les Verts, qui auraient dû avoir deux élus supplémentaires en se fiant aux résultats des élections européennes, ont finalement fait contre mauvaise fortune bon cœur…et décidé d’envoyer l’un des leurs, Yves Cochet, siéger à Bruxelles.
« Nous avons perdu »
« Nous avons toujours été contre la procédure, mais à la fin elle est là… », explique-t-on dans l’entourage de Cécile Duflot. « Nous nous sommes battus, nous avons déposé des amendements au Parlement européen, nous sommes intervenus en plénière et nous avons perdu. Sur le principe je reste choquée et opposée à la manœuvre, mais nous prenons acte », résume, amère, l’eurodéputée Sandrine Bélier.
Seuls, les écologistes à l’Assemblée nationale ne pouvaient rien faire. Le groupe technique auquel ils appartiennent avec les communistes a décidé de maintenir son opposition à la méthode.
Mais soucieux de ne pas se fâcher avec leur partenaire, en pleine négociation dans la perspective de l’élection présidentielle, les socialistes ont soutenu le candidat vert.
Au pied du mur
Reste que ce volte-face parisien met les eurodéputés écologistes très mal à l’aise. D’autant plus qu’ils n’ont pas été consultés. Mis au pied du mur, ils ont appris la décision d’Yves Cochet une fois la question réglée avec le PS.
« Les groupes parlementaires au Palais Bourbon n’ont pas eu la décence de se concerter avec les délégations françaises au Parlement européen », lâche Sandrine Bélier.
Yves Cochet aurait négocié son siège directement avec le président du groupe PS à l’Assemblée Jean-Marc Ayrault. Député de la 11e circonscription de Paris, l’ex-secrétaire d’État à l’Ecologie arrive à la fin de son troisième mandat.
Or, selon une règle informelle, les Verts sont opposés au cumul dans le temps et certains élus voyaient d’un mauvais œil l’idée qu’il se présente pour une quatrième fois en mai 2012. L’élu de Paris aurait donc décidé de se trouver un point de chute…à Bruxelles.
Un point de vue que dément formellement le principal intéressé. Contacté par EURACTIV.fr, Yves Cochet assure que toutes les instances des Verts, à Paris comme à Bruxelles, ont été intégrées à la discussion.
« J’ai fait un effort »
Interrogés par EURACTIV.fr, plusieurs parlementaires européens refusent de s’exprimer sur la personnalité choisie, qui avait pourtant décidé de soutenir Nicolas Hulot lors de la primaire, et mettent plutôt en avant son expérience européenne. Elu en 1989, il a siégé à Strasbourg pour quitter son mandat au bout de deux ans, à la fin de l’année 1991.
Les élus verts à Bruxelles semblent malgré tout satisfaits de voir leur délégation passer de 14 à 15 députés, c’est-à-dire désormais un de plus que leurs homologues socialistes français à Bruxelles.
Le nom de l’alter ego d’Yves Cochet à droite n’est toujours pas connu. Selon le bulletin quotidien, l’ancienne parlementaire européenne Pascale Gruny, qui a remplacé Xavier Bertrand à l’Assemblée nationale, lors de son entrée au gouvernement aurait envie de revenir. L’ex-garde des Sceaux Pascal Clément serait également intéressé. Les députés des Bouches-du-Rhône Jean Roatta et Valérie Boyer pourraient également être sur la liste.
Le vote doit officiellement avoir lieu à le 6 décembre.