Contrôles aux frontières : la Pologne demande une réponse à l’échelle de l’UE après la décision de l’Allemagne

Le ministère polonais de l'Intérieur a confirmé que Varsovie allait entamer des consultations avec d’autres pays de l’UE limitrophes de l’Allemagne afin de présenter une réponse à la décision de Berlin d’introduire des contrôles à ses frontières.

EURACTIV Pologne
Taoiseach Harris Meets Polish PM After Key Talks In Kiev
Le Premier ministre polonais Donald Tusk. [Getty images/Artur Widak_NurPhoto]

Le ministère polonais de l’Intérieur a confirmé que Varsovie allait entamer des consultations avec d’autres pays de l’Union européenne (UE) limitrophes de l’Allemagne afin de présenter une réponse à la décision de Berlin d’introduire des contrôles à ses frontières.

La décision de Berlin d’introduire des contrôles aux frontières avec tous ses voisins a été accueillie avec un grand mécontentement en Pologne, le Premier ministre Donald Tusk (PO, Parti populaire européen) la qualifiant d’« inacceptable du point de vue polonais ».

« Les actions de l’Allemagne […] sont très préoccupantes. Elles pourraient même menacer le fonctionnement de l’ensemble de l’espace Schengen, qui est très important pour les citoyens de l’UE et qui est un succès incontestable », a confié le ministère polonais de l’Intérieur à Euractiv Pologne.

« Dans les prochaines heures », la Pologne proposera des consultations avec les pays de l’UE voisins de l’Allemagne afin d’envisager une réponse « également au niveau de l’UE », a ajouté le ministère, sans préciser quand et où se tiendrait la réunion.

Donald Tusk avait déjà déclaré mardi 10 septembre que Varsovie souhaitait consulter d’autres États de l’UE sur la question, sans donner plus de détails à ce moment-là.

Mercredi 11 septembre, le chancelier allemand Olaf Scholz (Parti social-démocrate d’Allemagne/SPD, Socialistes et Démocrates européens) a défendu les politiques de son gouvernement, y compris les nouveaux contrôles aux frontières qui seront introduits à partir du 16 septembre.

« Nous poursuivrons cette approche fructueuse, […], nous le faisons, même si cela devient difficile avec nos voisins », avait assuré le chancelier allemand devant le Bundestag.

« Je crois […] qu’il est nécessaire pour nous d’endurer ce différend [avec nos voisins] », avait-il ajouté.

L’Allemagne a notamment mis en place des contrôles à ses frontières avec la Pologne, la République tchèque, l’Autriche et la Suisse. Des exceptions approuvées aux règles de l’espace Schengen de libre circulation.

Le ministère allemand de l’Intérieur a décrit à plusieurs reprises les contrôles existants comme un succès dans la lutte contre l’immigration clandestine.

Menace sur les relations germano-polonaises

Les relations déjà tendues entre l’Allemagne et la Pologne pourraient être encore dégradées par cette nouvelle querelle sur les contrôles aux frontières.

Le journal allemand Die Welt rappelle qu’en juin, la police allemande a renvoyé un groupe de réfugiés afghans en Pologne sans consulter les autorités du pays concerné, ce qui a suscité les protestations du gouvernement polonais.

Les récentes propositions de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU, Parti populaire européen) — parti d’opposition de centre droit — consistant à refouler systématiquement les immigrés clandestins à la frontière allemande auraient obligé la Pologne à accueillir des milliers de personnes « mois après mois », ce qui, selon Die Welt, serait « difficilement acceptable » pour la Pologne.

La Pologne est en contact permanent avec la partie allemande sur la question de la gestion de la frontière afin qu’elle pose le moins d’obstacles possible à la circulation des personnes et des biens, a déclaré le ministère polonais de l’Intérieur.

« Varsovie rappelle que l’introduction de contrôles aux frontières doit toujours être la dernière étape, et qu’elle doit être bien argumentée puisqu’elle affecte le fonctionnement de l’ensemble de l’espace Schengen », a conclu le ministère.