La COP16 biodiversité se concentrera sur les financements

La COP16 des Nations unies sur la biodiversité, qui se tiendra cette année en Colombie à Cali du 21 octobre au 1er novembre, devrait permettre de faire le point sur les fonds publics et privés mobilisés en faveur de la nature depuis l'adoption du Cadre mondial pour la biodiversité en 2022.

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12385584 (1) [<a href="https://epaimages.com/search.pp" target="_blank" rel="noopener">EPA-EFE/CARLOS ORTEGA</a>]

La COP16 des Nations unies sur la biodiversité, qui se tiendra cette année en Colombie à Cali du 21 octobre au 1er novembre, devrait permettre de faire le point sur les fonds publics et privés mobilisés en faveur de la nature et leur fléchage depuis l’adoption du Cadre mondial pour la biodiversité en 2022. 

En 2022, les pays signataires de la COP15 des Nations unies ont adopté l’ambitieux Cadre mondial pour la biodiversité (CMB) de Kunming-Montréal. Ils se sont ainsi engagés à mobiliser 200 milliards de dollars par an pour la biodiversité d’ici à 2030, dont 30 milliards de dollars de financement international.

Mais les signataires ne sont pas en passe d’atteindre cet objectif.

« Je pense que si l’on considère les investissements et les flux financiers au sens large, très peu d’argent va à la nature », a déclaré Francine Pickup, directrice adjointe du Bureau des politiques et des programmes du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), lors d’un événement organisé à la Maison des Nations unies à Bruxelles mercredi 2 octobre.

Financement privé pour la nature

Le PNUD collabore avec l’UE pour identifier les outils et les possibilités dont disposent les pays en développement pour attirer des fonds destinés à la protection ou à la restauration de la biodiversité.

À cette fin, Eva Mayerhofer, spécialiste principale de la biodiversité à la Banque européenne d’investissement (BEI), a suggéré d’offrir aux entreprises et aux autres institutions financières « de meilleures conditions de prêt, une meilleure tarification des prêts, et [en] envisageant d’autres types d’incitations ». Selon elles, les entreprises devraient être encouragées à intégrer la biodiversité et la nature dans leurs processus de prise de décision.

D’autres leviers que les financements privés ont été évoqués, tels que la fixation d’un prix pour les services écosystémiques ou l’établissement d’une taxonomie de la nature.

Francine Pickup du PNUD a également évoqué l’idée de « crédits de biodiversité » basés sur le même modèle que pour le carbone, c’est-à-dire donnant une valeur monétaire à la protection de la biodiversité — un concept qui n’est pas si éloigné des « crédits de nature » récemment proposés par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Francine Pickup préconise toutefois que, dans un premier temps, « nous devons commencer par renforcer les capacités des gouvernements et des communautés locales dans ce domaine ».

Limiter les dégâts

L’élément le plus important, selon tous les panélistes, est de réduire tous les flux financiers qui nuisent à la nature.

« Il ne sert à rien d’essayer d’investir dans la conservation si nous savons que les investissements négatifs dans la nature continueront bon gré mal gré, car ils éclipseront tout ce que nous pouvons faire du côté de la conservation », a déclaré Eva Mayerhofer, de la BEI.

Certaines subventions agricoles, en particulier, ont « l’impact le plus néfaste sur la nature de tous les types de subventions », a ajouté Francine Pickup.

Les experts ont également convenu qu’il était préférable d’encourager les investissements à long terme, seul moyen de garantir des bénéfices durables pour la nature — replanter une forêt par exemple, et voir la biodiversité revenir, ne peut se faire en quelques mois.

Atteindre les communautés locales

Mais « comment pouvons-nous nous assurer que ces flux financiers atteignent ces communautés et les personnes sur le terrain ? » a demandé Eva Mayerhofer, soutenue par Francine Pickup.

D’autant que la Colombie, pays hôte de la COP16, a décidé de faire des communautés indigènes — les premières à être touchées par la perte de biodiversité en raison de leur forte dépendance à l’égard de la flore et de la faune pour leur survie — l’un des principaux thèmes de l’événement.

L’événement international de cette année sur la biodiversité devrait être « une COP des peuples », a déclaré Noor Yafai de l’ONG environnementale The Nature Conservancy, ajoutant que les décisions de financement doivent refléter « le rôle vital que les peuples indigènes et les communautés locales jouent dans la conservation de la nature ».

Parallèlement, deux autres COP auront lieu. À Bakou en Azerbaïdjan, se tiendra la COP29 sur le climat du 11 au 22 novembre. À Riyad en Arabie saoudite, se tiendra la COP16 désertification en décembre.