Sánchez riposte contre Meloni : l'Italie menacée de mesures de rétorsion
Les relations entre l'Espagne et l'Italie vont de mal en pis
L’Espagne a menacé de prendre des mesures de rétorsion contre l’Italie si Rome ne lève pas d’ici dimanche les contrôles frontaliers temporaires, dans le cadre du dernier différend en date entre les deux pays sur la question de l’immigration.
« Si elle ne le fait pas […] l’Espagne sera contrainte d’adopter des mesures proportionnées pour protéger les intérêts et la dignité de ses citoyens », a déclaré vendredi le bureau du Premier ministre Pedro Sánchez dans un communiqué.
Madrid n’a pas précisé en quoi ces mesures pourraient consister, bien que l’imposition de contrôles réciproques sur les voyageurs en provenance d’Italie soit une option évidente.
Le gouvernement a également riposté aux critiques italiennes concernant sa politique migratoire, faisant valoir que l’Italie elle-même n’a pas réussi à endiguer les arrivées irrégulières, « dont le nombre a atteint le double de celui de l’Espagne ».
Pourtant, l’Espagne est « convaincue que l’esprit pro-européen, le bon sens et la bonne foi l’emporteront », précise le communiqué.
Les relations entre Sánchez et la Première ministre italienne Giorgia Meloni se sont considérablement tendues ces derniers mois, notamment après l’arrivée de plus de 70 000 migrants, pour la plupart en provenance du Maroc voisin, à Ceuta, sur le continent africain.
Lors du sommet des dirigeants de l’UE qui s’est tenu en juin à Bruxelles, Meloni a vivement critiqué son homologue espagnol pour avoir régularisé un demi-million de migrants sans papiers en Espagne, leur donnant ainsi accès au reste de l’espace Schengen de l’UE.
Puis, à la suite de la crise de Ceuta fin juillet, Meloni, conjointement avec la Danoise Mette Frederiksen, a rédigé une lettre signée par 22 pays de l’UE appelant à une réponse européenne coordonnée et qualifiant la politique espagnole favorable à l’immigration de « facteur d’attraction ».
La grande majorité des migrants a depuis quitté Ceuta, bien que les autorités espagnoles aient accordé jeudi toute leur crédibilité aux rumeurs circulant sur Internet selon lesquelles une deuxième vague pourrait viser la ville le 15 août.
La suspension de l’accord de Schengen avec l’Espagne « est une mesure temporaire autorisée par les traités de l’UE ; nous verrons après le 15 août si cette menace se concrétisera », a déclaré Matteo Piantedosi, ministre italien de l’Intérieur, lors d’une interview diffusée dans le cadre de Bar Italia, l’émission créée par le parti Frères d’Italie.
Il faisait référence à la durée de la suspension par l’Italie de l’accord de Schengen avec l’Espagne en raison de la pression exercée sur les migrants en situation irrégulière à Ceuta.
« Dès que nous constaterons que le danger est passé, nous nous en réjouirons avant tout pour l’Espagne, puis pour l’Europe, et aussi pour l’Italie », a ajouté le ministre.
Inés Fernández-Pontes et Pietro Guastamacchia ont contribué à la rédaction de cet article.
(mm)