David Cameron veut sauvegarder les intérêts des pays hors de la zone euro

Le premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré aujourd'hui (28 octobre) qu'il travaillerait avec les autres pays de l'UE en dehors de la zone euro pour s'assurer que leurs intérêts ne sont pas compromis au bénéfice de la résolution de la crise de la dette souveraine dans les pays bénéficiant de la monnaie unique.

EURACTIV.fr / Reuters
Cameron Oct 2010 Picnik.jpg
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Le premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré aujourd'hui (28 octobre) qu'il travaillerait avec les autres pays de l'UE en dehors de la zone euro pour s'assurer que leurs intérêts ne sont pas compromis au bénéfice de la résolution de la crise de la dette souveraine dans les pays bénéficiant de la monnaie unique.

David Cameron a rappelé à la Commission européenne qu'elle se devait de sauvegarder les intérêts de l'Union des Vingt-Sept. Le premier ministre britannique craint en effet que les décisions prises pas les 17 Etats de la zone euro en difficulté ne porte atteinte à l'UE dans son ensemble.

En Australie pour un sommet du Commonwealth, il a affirmé que le statut de centre financier de l’Europe dont jouit la capitale britannique était en péril en raison des débats sur les réformes de l'UE. Selon lui, Londres est constamment « attaquée via les directives adoptées à Bruxelles ».

La Grande-Bretagne craint également d'éventuelles modifications des conditions commerciales du marché unique de l'UE.

« Les Etats de la zone euro font beaucoup de choses ensemble. Ils ont plus de réunions, ils mettent en place des dispositifs : on peut dès lors se poser la question de savoir s'ils ne sont pas en train de créer un bloc », a affirmé M. Cameron qui a participé au sommet de crise de l'UE mercredi à Bruxelles.

Les dirigeants européens ont conclu un accord visant à réduire la dette grecque, à recapitaliser les banques européennes et à augmenter la capacité du fonds de sauvetage de la zone euro, même si de nombreux détails restent à peaufiner.

Après la réunion des chefs d'Etat des 27 Etats membres, M. Cameron a participé à d'autres discussions avec certains des dirigeants des dix pays en dehors de la zone, à savoir le Danemark, la Pologne, la République tchèque et la Suède.

« Nous sommes d'accord sur le fait qu'il s'agit d'une question importante et que nous devrions travailler ensemble pour s'assurer que certaines dispositions nous prémunissent d'une telle évolution », a-t-il déclaré.

De hauts fonctionnaires britanniques ont souligné que la décision prise par certains membres de l'UE d'annuler une réunion des ministres européens des finances, prévue pour mercredi, démontrait l'importance de s'assurer que les procédures européennes sont respectées.

« Il est très important que les institutions des Vingt-Sept soient respectées et que la Commission fasse son travail en tant que gardienne des Vingt-Sept », a-t-il affirmé.

Les efforts de M. Cameron pour conserver l'influence de la Grande-Bretagne dans l'UE surviennent à un moment critique. Le premier ministre s'est en effet fait réprimandé par le président français, Nicolas Sarkozy, car il voulait être impliqué dans les prises de décision alors que dans le même temps, il cédait aux souhaits des eurosceptiques de son pays en donnant des leçons à l'Europe tout en jubilant à la vue de la crise de l'euro.

David Cameron subit d'intenses pressions de la part des eurosceptiques présents dans les rangs de son propre parti, le Parti conservateur au pouvoir, pour utiliser la crise afin de récupérer des pouvoirs aux mains de Bruxelles. De nombreux détracteurs de l'UE ont également réclamé un référendum sur la présence du pays dans l'UE.

M. Cameron reste toutefois convaincu qu'il est dans l'intérêt de la Grande-Bretagne de rester au sein de l'Union, car elle pourra ainsi mieux défendre le rôle de Londres en tant que centre financier.

« Londres est le centre des services financiers en Europe. Elle est constamment attaquée par les directives émanant de Bruxelles. Cela donne matière à réflexion. Il s'agit d'intérêts nationaux que nous devons défendre ».