Dernier appel de Pedro Sánchez pour éviter le retour aux urnes en Espagne
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***Correction : Dans l’édition d’hier de L’actu en capitales, nous écrivions que les vice-présidents de la Commission avaient été interrogés en 2014 par les dirigeants des groupes politiques du Parlement européen (la Conférence des présidents). En fait, ils ont été interrogés par les présidents des 20 commissions parlementaires du Parlement.
MADRID/STRASBOURG
Le Premier ministre socialiste espagnol par intérim, Pedro Sánchez, a demandé lundi à tous les partis politiques de « prendre leurs responsabilités », afin de contribuer à sortir de l’impasse politique actuelle et d’éviter de nouvelles élections, rapporte Euroefe. Le roi Felipe VI a entamé une série de consultations avec tous les principaux partis politiques afin de déterminer s’il y a un candidat au poste de Premier ministre suffisamment soutenu pour former un exécutif.
Le PSOE socialiste de Pedro Sanchez a remporté les élections du 28 avril, mais sans la majorité requise pour gouverner seul.
Dans un geste de dernière minute, le centriste Ciudadanos (Citoyens) a offert lundi de s’abstenir, facilitant l’investiture de Pedro Sánchez à certaines conditions, telles que des réductions d’impôts et un compromis pour ne pas gracier, s’ils étaient condamnés en octobre prochain, les 12 séparatistes catalans en procès pour le référendum illégal d’indépendance qui a eu lieu en octobre 2017.
En outre, l’abstention des conservateurs du Partido Popular (PP), principal parti d’opposition, serait nécessaire pour faciliter l’investiture de Pedro Sánchez. Au cours du week-end, certaines voix au sein du PP ont promis d’offrir une « grande coalition » au PSOE, et d’éviter de nouvelles élections, mais ce n’est pas la position officielle du parti, déclarent certaines sources du PP.
Si aucun accord n’est trouvé entre le PSOE et le parti de gauche Unidas Podemos (UP) avant la fin de la semaine, de nouvelles élections seront organisées le 10 novembre. Lundi, Pedro Sánchez a demandé au leader de Podemos, Pablo Iglesias, de ne pas rejeter pour la troisième fois la formation d’un « gouvernement progressiste ».
Le PSOE veut un exécutif « monochrome » avec le soutien parlementaire de l’UP. Cependant, Pablo Iglesias a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité d’un gouvernement de coalition avec les socialistes. (Fernando Heller, Euroefe)
A niveau de l’UE cependant, des sources du groupe S&D au Parlement européen ont déclaré que les législateurs socialistes européens des pays nordiques sont troublés par la position de la nouvelle dirigeante du parti, Iratxe García Pérez, qui vient du PSOE de Pedro Sánchez.
Les critiques suggèrent que le gouvernement socialiste de Madrid « dicte » a Iratxe García Pérez et aux socialistes européens la ligne du parti. « La ligne suivie par notre parti est officiellement dirigée par Madrid (…) plus aucune consultation n’a lieu au sein du parti », ont déclaré plusieurs sources, ajoutant qu’après les élections européennes, les socialistes européens sont divisés en deux camps : ceux du Nord et ceux du Sud.
Les mêmes sources ont déclaré que le groupe du parti était divisé à propos des prochaines auditions des commissaires, citant le cas de la socialiste roumaine Rovana Plumb, qui a été nommée commissaire européenne des transports, et du Hongrois László Trócsányi (PPE) qui a obtenu le portefeuille de l’élargissement.
Les dirigeants du PPE et les socialistes se seraient mis d’accord pour mener un processus d’audition des commissaires sans heurts, ce que le parti européen d’Emmanuel Macron, Renew Europe, n’apprécierait pas. Rovana Plumb et László Trócsányi figurent parmi les candidats « à risque » des auditions des 26 commissaires désignés.
En 2017, Rovana Plumb a « échappé » à une enquête dans une affaire de corruption liée à l’ancien dirigeant du PSD Liviu Dragnea, après que les législateurs ont rejeté une demande faite par les procureurs anti-corruption. Elle les a ensuite remerciés d’avoir défendu « les principes de l’État de droit ».
Choisi par Viktor Orban, László Trócsányi, ancien ministre de la Justice, a été accusé de porter atteinte aux normes de l’État de droit en Hongrie. « Comment cette personne peut-elle pointer du doigt les pays qui souhaitent adhérer à l’UE en ce qui concerne l’État de droit “, a déclaré une source socialiste.(Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)
BUCAREST
Vote de défiance en attente. Les partis d’opposition pourraient décider de ne pas déposer cette semaine une motion de censure contre le gouvernement socialiste. Les dirigeants du Parti national libéral (PPE) et de l’Union sauvez la Roumanie (Renew Europe) ont déclaré qu’ils attendaient la confirmation de l’ALDE et de Pro Romania. Cependant, le leader de Pro Romania, l’ex Premier ministre Victor Ponta, a déclaré qu’il attendait de voir si la Première ministre Viorica Dancila allait demander au Parlement de voter pour une restructuration du gouvernement. ‘Si cela ne vient pas mercredi… nous n’aurons pas d’autre choix que d’appuyer la motion de censure que, je l’espère, nos collègues du PNL et de l’USR déposeront’, a déclaré Victor Ponta.
Le parti socialiste PSD ne détient pas la majorité parlementaire depuis que son partenaire junior, l’ALDE, a quitté la coalition au pouvoir en août. L l’ALDE a toutefois perdu certains de ses députés au profit du PSD, car certains membres du parti ont décidé de rejoindre le gouvernement, contre la position officielle du jeune parti. (Euractiv Roumanie)
PARIS
Edward Snowden est-il le bienvenu en France ? L’eurodéputée LREM Nathalie Loiseau et la ministre de la Justice Nicole Belloubet se sont prononcées en faveur de l’accueil en France du lanceur d’alerte américain Edward Snowden. « Il a rendu service à l’humanité », a dit Nathalie Loiseau.
L’ex-employé de la NSA a demandé l’asile en France en 2013, sans succès. Il espère maintenant qu’Emmanuel Macron le lui accordera. C’est l’agence Ofpra, et non l’Élysée, qui gère officiellement le système d’asile. Mais les fichiers sensibles trouvent parfois leur chemin jusque dans les hautes sphères.
Euractiv France signale que les relations américano-françaises sont déjà détériorées et que l’accueil du lanceur d’alerte ne causerait donc pas beaucoup plus de tort.
« Le plus triste, c’est que le seul endroit où un dénonciateur américain puisse parler, ce n’est pas en Europe, mais ici en Russie », a déclaré Edward Snowden dans une interview accordée à France Inter lundi dernier. Nathalie Loiseau dirige la sous-commission de la défense du Parlement européen, qui examinera les plans de la nouvelle Commission européenne visant à réformer la politique de défense de l’Union. (Euractiv France)
BERLIN
Compréhension greco-allemande. Lors d’une réunion avec son homologue grec Nikos Dendias à Berlin lundi (16 septembre), le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a assuré la Grèce de son soutien en matière de migration. D’autres réfugiés en provenance de Turquie sont récemment arrivés en Grèce — malgré le pacte de 2016 avec Ankara qui prévoit le retour de tous les migrants qui sont entrés illégalement sur les îles grecques via la Turquie. (Claire Stam, Euractiv Allemagne)
ROME
Le nouveau départ de Matteo Renzi. Hier soir, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a reçu un appel téléphonique de Matteo Renzi, annonçant son départ du Parti démocratique (PD) de centre gauche. Matteo Renzi a assuré que le nouveau mouvement centriste qu’il a l’intention de créer dans les prochains jours soutiendra le nouveau gouvernement de Conte.
Parmi ceux qui rejoindront le nouveau parti de Matteo Renzi figurent les ministres de l’Agriculture, Teresa Bellanova, et de la Famille, Elena Bonetti, ainsi que deux jeunes ministres, Anna Ascani et Ivan Scalfarotto. Matteo Renzi peut également compter sur le soutien d’une quinzaine de législateurs à la Chambre basse et d’environ cinq au Sénat. (Gerardo Fortuna, Euractiv.com)