Des députés européens écoutent les doléances d’associations de Clichy
Un mois après leur lettre ouverte aux responsables européens, une délégation de cette ville de Seine-Saint-Denis a été reçue au Parlement. Mais ils attendent toujours de rencontrer José Manuel Barroso.
Un mois après leur lettre ouverte aux responsables européens, une délégation de cette ville de Seine-Saint-Denis a été reçue au Parlement. Mais ils attendent toujours de rencontrer José Manuel Barroso.
Promesse tenue! Huit jeunes Clichois ont été reçus au Parlement européen, mardi 30 novembre. Ils ont rencontré les membres de la commission du Développement régional, présidée par la députée européenne Danuta Hübner.
Les parlementaires ont ainsi répondu à l’appel lancé fin octobre dans une lettre ouverte publiée par Libération. Les jeunes de la délégation, représentant d’associations et de la mairie de Clichy-sous-Bois, ont pu ainsi exposer leurs doléances aux eurodéputés.
« On est très content que notre démarche ait abouti », affirme Faycal Bourichal, conseiller municipal de cette ville de Seine-Saint-Denis et membre de la délégation. « On ne s’attendait pas à une réponse aussi rapide et directe », a-t-il expliqué.
« On nous avait promis un plan miraculeux »
Deux problèmes majeurs ont été soulevés : l’urbanisme et la question de l’aménagement du territoire. Les membres de la délégation ont surtout dénoncé l’absence de dimension humaine dans l’aménagement et la gestion de leur ville. Ils ont déploré l’insécurité qui règne dans la banlieue, le faible développement du réseau de transport et l’absence d’activités culturelles.
« On nous avait promis un plan miraculeux, nous n’avons rien vu venir », affirme le conseiller municipal, en référence au « Plan Marshall pour les banlieues », lancé par le gouvernement après les émeutes urbaines de 2005. « On a compris que le gouvernement est défaillant (…) Nous avons voulu faire monter les problématiques des quartiers à un niveau européen et créer un lien direct avec l’UE », explique-t-il. Selon lui, Clichy-sous-Bois n’est pas la seule ville touchée par ces problèmes d’urbanisme. Or agir à un niveau européen permet de faire prendre conscience du problème et d’échanger entre les acteurs concernés.
« A l’échelle locale et régionale on essaie de faire bouger les choses avec les moyens du bord », ajoute Farid Berrais, membre de l’association de Kick-boxing de la ville. « Mais on a besoin de se sentir plus soutenu. »
Volontariat
L’eurodéputée Danuta Hübner a assuré à la délégation que leurs questions et leurs remarques seraient prises en compte dans le rapport du Parlement sur la stratégie de développement des villes, qui sera transmis à la Commission européenne. Les députés européens ont commencé à travailler sur cette question le 1er décembre.
Mais la députée allemande Constanze Krehl (S&D) a appelé les jeunes à se tourner vers les actions menées à une échelle locale et à éviter d’avoir recours à la violence. Quant à sa collègue Karima Delli (Europe Ecologie – Verts/ALE), elle a profité de la présence des Clichois pour effectuer un rappel des programmes déjà existant, en insistant sur le système du volontariat, qui sera mis à l’honneur en 2011.
Pour le Parlement, cette relation est bénéfique aux deux parties. « Des deux côtés, nous avons souligné l’urgence du dossier », explique-t-on dans l’entourage de Mme Hübner.
Un signe de la Commission?
Les eurodéputés devraient rédiger un rapport sur l’ensemble des actions et des réflexions menées, avant de les transmettre à la région Île-de-France.
Les membres de la délégation attendent cependant un peu plus que cela. « Il ne faudrait pas que ça fasse psschit », prévient Farid Berrai. On ne serait pas qui aller voir si cette collaboration échoue », ajoute-t-il.
Les membres de la délégation attendent désormais un signe de la Commission européenne. « Le député européen Philippe Juvin [UMP – PPE, Ndlr] nous aide à obtenir un rendez-vous avec monsieur Barroso », affirme Faycal Bourichal.