Des fonds européens pour aider les associations

EURACTIV présente tous les mois un projet financé en partie par des fonds européens. En décembre, la rédaction française a rencontré une association parisienne qui travaille au développement de l’économie sociale et solidaire.

EURACTIV.fr
da64575bb242544da8cafde6ee0e1c6c.jpg
da64575bb242544da8cafde6ee0e1c6c.jpg

EURACTIV présente tous les mois un projet financé en partie par des fonds européens. En décembre, la rédaction française a rencontré une association parisienne qui travaille au développement de l’économie sociale et solidaire.

Il faut traverser une petite cour puis monter les trois étages d’un immeuble parisien avant de pénétrer dans les bureaux de l’association pour le développement d’une dynamique de l’économie locale (Addel).

En cette matinée de décembre, les membres de la structure attendent le préfet de la région Île-de-France, Daniel Canepa qui vient parler de fonds européens et d’économie sociale et solidaire. Le moment n’est pas choisi au hasard. L’Addel organise ce jour-là une formation sur « la recherche de financements européens » destinée à neuf associations.

Le secteur de l’économie sociale et solidaire représente 371 000 emplois dans la région Île-de-France, et reste encore sous développé selon le préfet. La formation proposée par l’Addel donne ainsi l’occasion au préfet de rappeler les liens qui unissent l’économie sociale et la politique européenne de cohésion.

Efficacité du procédé

Créée en 1997, l’Addel a obtenu en 2003 la gestion du dispositif local d’accompagnement (DLA) pour Paris. Présent dans chaque département français, ce mécanisme est financé en partie par le fonds social européen (FSE). Il permet d’accompagner le développement des associations afin de stabiliser leur situation économique et de créer des emplois pérennes.

Le DLA offre aux associations un diagnostic gratuit et finance des rencontres avec des cabinets de conseils. Il permet aussi aux organisations de suivre des formations sur la recherche et l’utilisation des fonds européens.

« Prendre la gestion de la DLA, c’était un challenge », affirme le directeur de l’Addel, Frédéric Cornu. Selon lui, la plus grande difficulté a été de faire accepter aux associations le recours au cabinet de conseil. Mais aujourd’hui l’efficacité du procédé est prouvée. « Depuis 2004 nous accompagnons 150 associations par an », se félicite-t-il.

En 2010, le FSE a attribué 150 000 euros au DLA de Paris, pour un montant total de 506 684 euros. « Une partie du fonds finance notre fonctionnement et une autre partie nous permet de payer directement les cabinets de conseil », explique la directrice adjointe Virginie Grebet.  Selon elle, le fonds européen est un dispositif « vraiment intéressant pour les structures bénéficiaires ». « Les associations sont très satisfaites car elles n’auraient pas les moyens de se payer elle-même ces services », ajoute-t-elle.

Le FSE, c’est formidable!

« Le FSE est un dispositif formidable », affirme Frédéric Cornu. Avant d’ajouter : « Au début ça a été l’enfer ». Mais l’association maîtrise aujourd’hui le sujet, selon lui. « Ce n’est pas parfait, les délais de paiement sont encore longs, mais on s’améliore », ajoute-t-il.

« Au départ, il faut pouvoir déchiffrer le fonctionnement du FSE. C’est assez compliqué, affirme Virginie Grebet. En plus, d’une programmation sur l’autre il peut y avoir des changements », précise-t-elle. Mais, petit à petit, l’association a réussi à comprendre et contrôler la réglementation de ce fonds européen assure la directrice adjointe de l’Addel.

L’association doit aussi faire face à des problèmes de trésorerie. Le FSE fonctionne sur la base d’un remboursement des actions menées au cours de l’année. Autrement dit, l’Addel doit d’abord financer ses projets par ses propres moyens avant de recevoir le remboursement de la Commission. « Il peut être tardif, explique Virginie Grebet. Il faut bien anticiper ce creux de trésorerie pour ne pas mettre la structure en danger », ajoute-t-elle.

Un an de délai

« Cette année, on a de la chance car on a reçu le versement de 2009 au début du mois de novembre 2010, ce qui fait moins d’un an de délai », précise-t-elle. Afin d’éviter ce genre de désagrément, l’association a fait cette année une demande de remboursement intermédiaire pour 2010. L’Addel devrait ainsi toucher une première partie des aides en janvier 2011. Ce système très utile pour les bénéficiaires du FSE avait été suspendu ces dernières années.

« Alors que les moyens mobilisés sont considérables, l’UE est souvent décriée », déplore le préfet. Aussi se réjouit-il d’entendre les commentaires plutôt positifs sur le FSE. Cependant il reconnait la complexité du montage des dossiers qui peut poser problème pour les associations.