Deux rapports soulignent les faiblesses de la stratégie de communication de la Commission [FR]

Selon deux études du CEPS commandées par la commission Budget du Parlement européen, les principaux obstacles au succès de la stratégie de communication sont le manque de ressources et des règles internes trop strictes pour le contrôle financier.

Selon deux études du CEPS commandées par la commission Budget du Parlement européen, les principaux obstacles au succès de la stratégie de communication sont le manque de ressources et des règles internes trop strictes pour le contrôle financier.

Les trois initiatives de la commissaire en terme de communication n’ont pas toujours fait l’unanimité au sein de la Commission elle-même. Un haut fonctionnaire l’explique par le fait que l’institution « a encore une culture bureaucratique de non-communication où élaborer la législation est plus important que de communiquer avec les citoyens. »

Le Parlement européen s’est également montré assez critique à l’égard des nouveaux plans; la commission Budget a ainsi demandé au think tank bruxellois Centre for European Policy Studies (CEPS) de mener deux études sur la pertinence, l’efficacité et l’utilité des actions et programmes lancés par la Commission ces dernières années dans le cadre de sa stratégie d’information et de communication.

Les deux rapports de CEPS, qui seront présentés à la commission Budget du Parlement le 13 septembre, reposent sur 15 entretiens avec des experts en communication de différentes directions générales (DG). EURACTIV a pu consulter ces rapports avant leur présentation au Parlement.

Ces deux rapports font les principales conclusions et recommandations suivantes :

  • étant donné le « déficit d’évaluation considérable dans le domaine de l’information et de la communication », il devrait y avoir « des évaluations systématiques des futurs programmes » par des évaluateurs externes; 
  • bien que certaines campagnes (par exemple, la campagne PRINCE sur l’euro) aient été des succès modérés, d’autres (comme sur l’élargissement et le débat sur l’avenir de l’Europe) ont été des échecs; selon le rapport, ces échecs sont notamment dus à l’absence de stratégie médiatique;
  • la Commission doit à l’avenir se concentrer sur « des actions complémentaires mais à grande échelle qui puissent toucher des millions de citoyens »;
  • les règles actuelles de financement internes sont trop strictes et doivent être assouplies : « Il faut permettre à la Commission de gérer les fonds généralement modestes alloués aux mesures de communication de façon plus souple – sinon elle risque de devoir se concentrer sur la gestion des fonds plutôt que sur la communication auprès des citoyens »;
  • il faut réellement décentraliser (aux représentations de la Commission dans les Etats membres) en y consacrant les ressources nécessaires (en termes de personnel comme de fonds);
  • les ressources pour le service des porte-parole de la Commission sont insuffisantes;
  • concernant la communication sectorielle (les propres services de communication des DG), il faut davantage de normes communes et de ressources;
  • le soutien direct à EuroNews (5 millions d’euros en 2005) doit être maintenu mais les programmes doivent avoir des « personnalités » plus connues;
  • le projet de faire d’EbS (Europe by Satellite) une agence d’information à part entière « doit être abandonné » en raison « des effets négatifs et des coûts » (le rapport fait référence aux réactions très négatives de la presse bruxelloise à cette idée qui, en fait, a déjà été abandonnée par la DG Presse);
  • le site web Europa doit être amélioré pour le citoyen lambda;
  • le budget pour l’Eurobaromètre « semble relativement élevé » et les futures études doivent poser plus de questions stratégiques;
  • Europe Direct doit rester une part importante de la stratégie d’information de l’UE mais doit être mieux mis en avant et avoir plus de personnel et de moyens; et
  • la Commission peut maintenir les publications écrites mais doit mieux cibler les audiences.

Les deux rapports délivrent le message général suivant : les campagnes et actions d’information et de communication sont assez efficaces mais il faut augmenter les moyens financiers et les ressources humaines et se montrer plus souple concernant les dépenses. Comme le souligne le résumé d’un des rapports, cette recommandation semble en contradiction directe avec « la réduction de 8% prévue dans le budget de communication pour 2006 et 2007 », qui pourrait « compromettre le succès » des efforts de Margot Wallström. 

Par ailleurs, la commission Culture et Education du Parlement prépare sa première lecture du Livre blanc sur la communication à partir du rapport du député européen espagnol Luis Herrero-Tejedor (PPE). EURACTIV reviendra sur ce rapport ultérieurement.