Douche froide pour les partis traditionnels allemands lors des élections en Thuringe

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BERLIN

Le leader Bodo Ramelow a mené la Gauche (die Linke) à la victoire lors des élections législatives régionales en Thuringe.

Selon les estimations, la Gauche (die Linke) a obtenu 29,8 % des voix (2014 : 28,2 %), les chrétiens-démocrates (CDU) 22 % (2014 : 33,5 %), tandis que l’extrême droite (AfD) a doublé son scrutin (23,2 %) par rapport à 2014 (10,6 %), dépassant ainsi le CDU. Les sociaux-démocrates (SPD) ont, eux, récolté 8,1 % des voix, suivis des Verts (die Grünen) avec 5,5 % et des libéraux (FDP) avec 5,4 %.

Le résultat en Thuringe n’aura probablement pas d’impact direct sur l’actuelle « Grande Coalition » (CDU/SPD), mais risque de remettre en question le leadership de la nouvelle cheffe de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer. Avec 11 % de moins par rapport à 2014, la CDU est « le grand perdant » et ces résultats soulignent une nouvelle fois qu’il est peu probable qu’AKK devienne candidate à la chancellerie.

La situation est d’autant plus difficile pour les sociaux-démocrates, car il n’est plus du tout certain que la conférence du parti fédéral, prévue du 6 au 8 décembre à Berlin, donnera son feu vert à la poursuite de la Grande Coalition (CDU/CSU et SPD) jusqu’en 2021.

Le candidat en tête de liste de la CDU en Thuringe, Mike Mohring, a déclaré qu’il s’agissait d’un résultat « amer ». De son côté, Björn Höcke, le leader de l’AfD, a clamé que « le soleil se lève sur l’est du pays et bientôt il brillera sur toute l’Allemagne ».

La Thuringe se trouve désormais dans une impasse politique : la CDU refuse de coopérer avec la Gauche et le faible score du SPD n’aidera pas non plus le parti victorieux. (Claire Stam | Euractiv Allemagne)

MADRID

Les tensions s’exacerbent à Barcelone. De violentes manifestations contre le jugement du 14 octobre condamnant neuf politiques indépendantistes catalans à des peines de neuf à treize ans de prison pour leur rôle dans le référendum de 2017 sur l’indépendance de la Catalogne se sont poursuivies samedi à Barcelone.

Sous le slogan « Libertad » (liberté), environ 350 000 manifestants ont demandé au gouvernement central de Madrid de libérer les dirigeants séparatistes et ont appelé le parlement espagnol à apporter une « réponse politique » à la crise catalane.

La police régionale catalane (Mossos d’esquadra) a arrêté au moins trois personnes à la suite de nouveaux affrontements après la manifestation de samedi (26 octobre), la plus petite marche sécessionniste jamais organisée dans la capitale catalane, selon les chiffres publiés par la police de Barcelone.

Le président du gouvernement régional catalan, Quim Torra, qui a dirigé la marche pour l’indépendance de samedi, a appelé à une enquête pour déterminer si les actions des Mossos d’esquadra lors des dernières émeutes n’étaient « disproportionnées ». Entre temps, le Premier ministre socialiste par intérim Pedro Sánchez a déclaré que les mouvements indépendantistes en Catalogne et le parti d’extrême droite Vox partageaient « les mêmes » objectifs politiques, car, selon lui, ils croient que la Catalogne et l’Espagne « leur appartiennent ».

Samedi, quelque 20 000 partisans de Vox se sont rassemblés sur la Plaza de Colón, dans le centre-ville de Madrid, pour manifester en faveur de l’unité de l’Espagne et contre les forces séparatistes en Catalogne.

Une nouvelle élection aura lieu en Espagne le 10 novembre, avec le parti socialiste (PSOE), vainqueur des élections du 28 avril, en tête des sondages selon El Mundo. Vox ayant obtenu 24 sièges aux élections législatives d’avril, il devrait devenir la troisième force politique du parlement. (Fernando Heller | Euroefe)

BRUXELLES

Madame la Première ministre. Sophie Wilmès, membre du Mouvement réformateur (MR) et ministre du Budget sous le gouvernement intérimaire de Charles Michel, remplacera ce dernier pour devenir la première femme Premier ministre de l’histoire de la Belgique. Vendredi dernier (25 octobre), Charles Michel a annoncé qu’il souhaitait quitter son poste début novembre pour préparer son nouveau rôle de président du Conseil européen, qu’il assumera le 1er décembre. Sophie Wilmès occupera ce poste jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit formé (sans succès pendant 155 jours), ou jusqu’à ce que des élections anticipées, qui pourraient avoir lieu en janvier-février 2020, résolvent l’imbroglio politique actuel. (Alexandra Brzozowski | Euractiv.com)

ROME

Nostalgique du Duce. Douze autocars venus de toute l’Italie ont amené près de 3 000 personnes à Predappio, le lieu de naissance de Benito Mussolini. Elles se sont recueillies devant la tombe du dictateur pour célébrer le 97e anniversaire de la Marche sur Rome, l’événement qui a porté les fascistes au pouvoir en 1922.

L’Association Nationale des Partisans italiens (ANPI) a déclaré que cette manifestation était illégale. « Personne ne s’oppose vraiment à ce que la famille y garde sa tombe, mais il doit s’agir d’une tombe familiale, pas d’un mausolée du fascisme », a déclaré un coordinateur de l’ANPI. En Italie, la propagande fasciste est criminelle et certains des manifestants ont été identifiés par la police. (Gerardo Fortuna | Euractiv.com)

ATHÈNES

Bisbilles gréco-turques au sujet des réfugiés. Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, a affirmé que « la Grèce tire et coule des bateaux de réfugiés dans la mer Égée et force beaucoup d’entre eux à rentrer blessés en Turquie ». Des propos qui ont provoqué les foudres d’Athènes.

« La Grèce est un État démocratique qui surveille efficacement ses frontières dans le plein respect du droit international et avec un grand sens de l’humanité », a déclaré le ministre grec des Affaires étrangères dans un communiqué. « Les affirmations contraires ne servent qu’à dissimuler la réticence de ceux qui les font à respecter leurs engagements internationaux », a-t-il ajouté.