Ecoles européennes : le système pourrait s’effondrer s’il n’est pas réformé [FR]
Le système des écoles européennes pourrait bientôt s’effondrer s’il n’est pas réformé. C’est ce qu’a déclaré Siim Kallas, vice-président de la Commission, lors d’une audience publique à Bruxelles, la semaine dernière (19 mars). Il a également mentionné des signes alarmants tels que la pénurie de professeurs, la lourdeur des procédures de décision et le manque de volonté des gouvernements d’investir dans les infrastructures.
Le système des écoles européennes pourrait bientôt s’effondrer s’il n’est pas réformé. C’est ce qu’a déclaré Siim Kallas, vice-président de la Commission, lors d’une audience publique à Bruxelles, la semaine dernière (19 mars). Il a également mentionné des signes alarmants tels que la pénurie de professeurs, la lourdeur des procédures de décision et le manque de volonté des gouvernements d’investir dans les infrastructures.
Reconnaissant que la réforme des écoles européennes est un sujet délicat, M. Kallas, vice-président responsable de l’administration, a déclaré, lors de l’audience organisée par le groupe de centre-droit PPE-DE au Parlement européen, que si, aujourd’hui, l’élan politique est suffisant, il sera possible d’apporter la touche finale au système des écoles européennes, qui garantira que, demain, une éducation de haute qualité, multiculturelle et véritablement européenne soit disponible au quatre coins de l’Europe.
Un processus de réforme en cours
La réforme des écoles européennes est en cours depuis le milieu des années 2000, a déclaré M. Kallas aux parties intéressées, parmi lesquelles figuraient notamment des parents, des professeurs et des représentants des institutions européennes. M. Kallas a souligné les trois principaux aspects du processus :
- Rationaliser le processus de prise de décision et réduire la paperasserie afin de garantir que les décisions soient prises au niveau le plus compétent;
- garantir que les coûts soient partagés équitablement entre tous les Etats membres ;
- ouvrir le système afin que le programme européen soit disponible non seulement là où il y a des agences et des organes européens, mais aussi dans tous les Etats membres intéressés.
Ensemble, nous pouvons garantir que les écoles européennes ne soient plus considérées comme un système d’éducation élitiste et fermé, a indiqué le commissaire lors de l’audience.
Ouvrir le système
Aujourd’hui, la priorité est donnée aux enfants des personnels travaillant directement pour les institutions européennes. Erna Hennicot-Schoepges, eurodéputée luxembourgeoise (PPE-DE), a déclaré que les réformes en cours ouvriraient les écoles européennes à des élèves d’horizons différents, tout en incluant des enfants du personnel des agences européennes (les écoles « de type II », dont quatre existent déjà).
Les écoles européennes devraient également pouvoir offrir la possibilité à leurs étudiants de passer un baccalauréat européen (école de « type III »). Cette idée a été saluée par le vice ministre tchèque à l’Education, Jakub Dürr, qui l’a qualifiée d’hautement inspiratrice.
Mais Alain Scriban, membre du service administratif de la Commission, a adopté un point de vue plus réservé. Selon lui, l’ouverture des écoles ne doit pas conduire à la gratuité pour tous ou à des différences selon les écoles. Il a souligné le besoin de maintenir le niveau de qualité du système.
Les écoles européennes, surchargées et en crise
Toutes les parties intéressées n’ont toutefois pas partagé l’évaluation positive de M. Kallas. Des parents d’élèves, en particulier, pensent que l’intégralité du système est en crise. Selon eux, une importante expansion et des investissements sont nécessaires pour que les écoles continuent de fournir un programme de qualité à l’avenir. C’est ce qu’a souligné lors de l’audience le représentant des parents d’élèves, Christopher Wilkinson, président d’Inter-parents.
M. Wilkinson a insisté sur le problème des écoles surchargées, en mentionnant en particulier les trois sites bruxellois de Woluwé, Uccle et Ixelles, où la situation a atteint son paroxysme après des années de mauvaise gestion.
Selon Renée Christmann, secrétaire générale des écoles européennes, le fait que les écoles sont surchargées est regrettable car cela accentue le sentiment que les écoles européennes sont coupées du reste de la société.
M. Wilkinson a même laissé entendre qu’en raison de ces problèmes de capacité, on essayait d’exclure des enfants dont les parents ne travaillent pas pour l’UE. Il a en outre précisé qu’actuellement, les écoles, les classes et les groupes linguistiques sont restreints : il s’agit d’un système en vase clos
Bruxelles devrait ouvrir une quatrième école européenne à Laeken, mais pas avant 2012. Quant au débat sur l’avenir des écoles européennes, il devrait se poursuivre. Certains intervenants de l’audience ont en effet déjà appelé à la création d’une cinquième institution dans la capitale belge.