Élections anticipées en Allemagne : en difficulté, Olaf Scholz écarte les doutes et devient la tête de liste du SPD

Lundi 25 novembre, les dirigeants du Parti social-démocrate allemand (SPD) ont désigné Olaf Scholz comme leur tête de liste pour les prochaines élections nationales prévues en février, alors que ce dernier cherche à dissiper les inquiétudes concernant le manque de soutien de son parti.

EURACTIV.com
Olaf Scholz Announced As Candidate For Chancellor
Cette décision a été prise après des semaines d’agitation interne sur la question de savoir si Olaf Scholz ou le ministre de la Défense Boris Pistorius, plus populaire, devait être la tête de liste du SPD, Boris Pistorius s’étant finalement retiré la semaine dernière. [Florian Gaertner/Photothek via Getty Images]

Lundi 25 novembre, les dirigeants du Parti social-démocrate allemand (SPD) ont désigné Olaf Scholz comme leur tête de liste pour les prochaines élections nationales prévues en février, alors que ce dernier cherche à dissiper les inquiétudes concernant le manque de soutien de son parti.

Cette décision a été prise après des semaines d’agitation interne afin de déterminer si l’actuel chancelier Olaf Scholz ou le ministre de la Défense Boris Pistorius, plus populaire, devait être la tête de liste du SPD. Boris Pistorius s’étant finalement retiré la semaine dernière.

Olaf Scholz, qui a été contraint d’avancer les élections nationales de septembre après l’effondrement de sa coalition gouvernementale, a présenté la situation comme un processus de délibération normal.

« Nous avons une culture de la solidarité qui nous permet de toujours discuter de la manière de faire les choses et de nous retrouver », a-t-il déclaré à Berlin, alors qu’il était présenté par les dirigeants du parti, Lars Klingbeil et Saskia Esken, comme leur tête de liste pour le poste de chancelier.

« Il était normal de faire une pause » et de réfléchir à cette candidature, a-t-il poursuivi, ajoutant que « ceux qui se sont exprimés publiquement me soutiennent et soutiennent cette décision ».

Pourtant, le bilan d’Olaf Scholz a été ouvertement remis en question par plusieurs représentants influents du SPD la semaine dernière, reflétant des divisions internes.

La situation reste tendue, comme en témoigne la colère des délégués lors de la conférence des jeunes du SPD le week-end dernier, au cours de laquelle Saskia Esken et Lars Klingbeil ont été accusés d’avoir mal géré le choix de la tête de liste.

À trois mois des élections — prévues pour le 23 février —, le chancelier Olaf Scholz est l’un des responsables politiques les moins populaires d’Allemagne selon les sondages.

Son parti est actuellement en troisième position, à environ 15 % derrière les chrétiens-démocrates (CDU/CSU), les actuels favoris.

Un vote sur le « frein à l’endettement »

Malgré cela, Olaf Scholz a déclaré lundi que son objectif était de remporter les élections, tout en esquissant les contours de sa campagne.

Outre sa promesse de stabiliser l’économie en difficulté et le niveau de vie, le chancelier a présenté les élections comme un vote sur la libération des dépenses publiques de l’Allemagne en abaissant la limite constitutionnelle du déficit.

Les restrictions imposées aux emprunts publics par le « frein à l’endettement » ont été controversées au sein de la coalition d’Olaf Scholz, mais sont de plus en plus remises en question, même par les conservateurs fiscaux de la CDU/CSU.

« Les citoyens décideront de notre orientation », a-t-il expliqué, ajoutant que davantage d’argent était notamment nécessaire pour renforcer les dépenses de défense et le soutien à l’Ukraine.

Toutefois, il est resté vague sur ces questions, vantant sa propre position « prudente » sur la guerre menée par la Russie en Ukraine, ce qui a fait de lui une cible pour les partisans de la sécurité.

La nomination d’Olaf Scholz devrait être officiellement confirmée par le parti lors d’une conférence prévue le 11 janvier prochain.

La campagne s’annonce houleuse, les dirigeants du SPD ont profité de l’annonce de lundi pour attaquer le favori, Friedrich Merz, candidat de la CDU/CSU.

« Nous avons un chancelier fédéral qui nous a guidés à travers de graves crises […] et de l’autre côté, Friedrich Merz, qui n’a […] jamais assumé la responsabilité de ce pays et de ses habitants au sein du gouvernement », a déclaré Lars Klingbeil.

« Ce serait une très grande expérimentation que d’élire quelqu’un comme lui à la tête du pays à l’heure actuelle », a-t-il ajouté.