Élections chypriotes : le nouveau président doit maintenant choisir sa famille politique européenne

Le candidat de centre droit indépendant Nikos Christodoulides a remporté le second tour des élections chypriotes et est devenu le 8e président de l’île. Il reste à savoir quelle famille politique européenne ce nouveau gouvernement rejoindra.

Euractiv.com / EuropeElects
Cypriot presidential elections
Dans le cadre du second tour des élections présidentielles chypriotes, les sondages publiés fin janvier laissaient entrevoir une victoire confortable de plus de 20 points pour Nikos Christodoulides, soutenu par les sociaux-démocrates et les partis libéraux. [EPA-EFE/KATIA CHRISTODOULOU]

Le candidat de centre droit indépendant Nikos Christodoulides a remporté le second tour des élections chypriotes dimanche (12 février) et est ainsi devenu le 8e président de l’île méditerranéenne. Toutefois, la situation politique reste complexe, dans la mesure où il reste à savoir quelle famille politique européenne le nouveau gouvernement chypriote rejoindra.

Dans le cadre du second tour des élections présidentielles chypriotes, les sondages publiés fin janvier laissaient entrevoir une victoire confortable de plus de 20 points pour Nikos Christodoulides, soutenu par les sociaux-démocrates et les partis libéraux.

Cependant, le candidat centriste a obtenu 51,9 %, soit seulement 3,8 points d’avance sur Andreas Mavroyiannis, qui a reçu le soutien du Parti progressiste des travailleurs (AKEL) pendant la campagne électorale.

Auparavant, M. Christodoulides avait obtenu 32 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle chypriote, contre 29,6 % pour M. Mavroyiannis. Le candidat du parti de centre droit Rassemblement démocrate (DISY) — affilié au Parti populaire européen (PPE) — Averof Neofytou, est arrivé en troisième position avec 26,1 %.

En tant que nouveau président, M. Christodoulides représentera à présent Chypre au Conseil européen.

Le président sortant Nicos Anastasiades, membre du parti DISY, était quant à lui associé au groupe de centre droit PPE.

Il n’est pas certain que M. Christodoulides rejoigne l’une des familles de partis politiques de l’UE, dans la mesure où il n’appartient à aucun parti politique à Chypre.

Il a été exclu du DISY après avoir annoncé sa candidature sans avoir préalablement reçu l’aval du parti.

Lors du second tour des élections chypriotes, le parti DISY s’est montré divisé sur la question de savoir s’il devait soutenir M. Christodoulides ; et a donc officiellement appelé ses partisans à voter en leur âme et conscience sur la question.

Les yeux tournés vers le PPE ?

Alors que M. Christodoulides n’a pas encore révélé ses intentions, le chef du PPE, Manfred Weber, a déjà laissé entendre que le nouveau gouvernement chypriote pourrait rejoindre son groupe.

Le quotidien Kathimerini rapporte qu’au cours d’une visite à Athènes la semaine dernière, M. Weber a déclaré qu’il s’attendait à des victoires électorales de son groupe en Grèce et à Chypre.

Alors qu’un journaliste lui a indiqué que le candidat du PPE à Chypre n’était pas parvenu au second tour, M. Weber a fait référence à M. Christodoulides, indiquant avoir discuté avec M. Anastasiades et que ce dernier « souhaite rapprocher le DISY de l’ancien ministre des Affaires étrangères [Nikos Christodoulides] ».

Suite à d’énormes défaites électorales dans toute l’UE, le PPE a perdu sa position de force au sein du Conseil, alors que la Grèce et Chypre font partie des derniers « bastions » de la famille de centre droit.

Les élections grecques sont pour leur part prévues d’ici l’été. Le parti Nouvelle Démocratie (Néa Dimokratía, ND), membre du PPE, est actuellement en tête des sondages.

Il est toutefois difficile de savoir si ce dernier pourra former un gouvernement, dans la mesure où une nouvelle loi électorale s’appliquera et qu’une coalition sera donc nécessaire.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]