En France, les élections des syndicats agricoles deviennent un référendum sur la politique commerciale de l’UE

Le marché unique de l'Union européenne (UE) est devenu une source de discorde dans la campagne électorale des syndicats d'agriculteurs français, mécontents de la politique commerciale européenne.

EURACTIV.com
French Prime Minister Bayrou receives farmers’ unions in Paris
Véronique Le Floc'h, présidente du syndicat agricole la Coordination rurale, s'adresse à la presse après une réunion avec le Premier ministre français à l'hôtel Matignon à Paris, France, 13 janvier 2025. [EPA-EFE/Teresa Suarez]

Le marché unique de l’Union européenne (UE) est devenu une source de discorde dans la campagne électorale des syndicats d’agriculteurs français, mécontents de la politique commerciale européenne.

Ce mercredi 15 janvier, les agriculteurs français se rendent aux urnes pour les élections générales des membres des chambres d’agriculture.

Dans le cadre d’une élection sans précédent, le syndicat d’agriculteurs la Coordination rurale (CR), menace l’hégémonie de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), qui dure depuis dix ans.

La CR, qui entretient des liens étroits avec le Rassemblement national, a gagné en influence depuis les spectaculaires manifestations d’agriculteurs de début 2024. Elle pointe du doigt les politiques agricoles et commerciales de l’UE.

« La balance commerciale [de la France] reste encore positive avec les pays tiers, mais elle est négative et déficitaire avec l’UE », a déploré la présidente de la CR, Véronique Le Floc’h, lundi 13 janvier lors d’un débat des syndicats.

En conséquence, le syndicat propose de renforcer les contrôles sur les produits agroalimentaires entrant en France. En novembre dernier, les « bonnets jaunes » de la CR ont demandé le blocage d’un péage à la frontière espagnole pour empêcher l’entrée en France de vins de la péninsule ibérique, moins chers. En décembre, un camion transportant de la viande espagnole a été arrêté par le syndicat alors qu’il se rendait à Paris.

Selon la CR, les producteurs espagnols ne respectent pas les mêmes normes que leurs homologues français.

Le syndicat veut également mettre fin à tous les accords de libre-échange de l’UE avec les pays tiers, ainsi qu’à l’influence de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les règles du commerce agricole.

La FNSEA, syndicat majoritaire, se concentre davantage sur l’impact du commerce mondial sur l’agriculture française. Pour Arnaud Rousseau, son président, l’Europe doit « s’interroger » sur la réciprocité des normes de production de ses partenaires commerciaux, en particulier dans le cadre d’accords commerciaux, tels que l’accord UE-Mercosur.

En revanche, selon lui, « il faut continuer à commercer » avec le reste de l’Europe et avec les pays tiers.

Les agriculteurs devront choisir entre « deux systèmes », a résumé Véronique Le Floc’h, qui considère ces élections comme un « référendum » sur la politique commerciale européenne.

[Édité par Alice Bergoënd]