En pleine Présidence de l’UE, la Pologne se rend aux urnes
Les Polonais se rendront aux urnes ce dimanche pour élire leurs députés. Le parti du Premier ministre fait la course en tête.
Les Polonais se rendront aux urnes ce dimanche pour élire leurs députés. Le parti du Premier ministre fait la course en tête.
La bataille électorale en cours actuellement en Pologne a un air de déjà vu. Depuis 2005, deux partis politiques s’affrontent systématiquement. D’un côté, il y a Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, avec son programme conservateur et nationaliste. De l’autre, Plateforme Civique (PO) de l’actuel premier ministre Donald Tusk, avec un programme libéral et pro-européen.
Les deux poids lourds de la vie politique polonaise font campagne en vue des législatives du dimanche 9 octobre. Après quatre ans au pouvoir, PO est donné vainqueur avec 34% des voix, selon les derniers sondages, alors que PiS atteint à peine les 20%.
L’ovni politique
Le reste des votants se répartit entre plusieurs formations dont le parti de la gauche polonaise, le SLD (autour de 10%) et un nouveau venu : Palikot.
Ancien membre de PO, il a fait sécession pour créer un mouvement autonome et fait actuellement parler de lui en proposant la séparation de l’Eglise et de l’État, la libéralisation de l’avortement et la légalisation du cannabis. Un véritable ovni sur la scène politique du pays mais qui pourrait récolter jusqu’à 10% des voix, signe d’une société polonaise qui se transforme, petit à petit.
La Pologne est l’un des pays les plus dynamique d’Europe, avec une croissance autour de 4%. Lors de la crise économique de 2008-2009, il a été le seul membre de l’UE à ne pas connaitre la récession.
La question allemande
Ces derniers jours, la publication du livre de Jaroslow Kaczynski, « la Pologne de nos rêves » a fait parler de lui. Il accuse Berlin, qui investit beaucoup dans ses anciennes terres à l’Est de la Pologne, de vouloir les récupérer. Ces propos ont entraîné de vives réactions, alors que le gouvernement de M. Tusk a fait de la réconciliation avec son grand voisin l’une de ses priorités depuis quatre ans.
Frère du défunt président de la République, Lech Kaczynski, tué lors d’un accident d’avion à Smolensk en avril 2010, le leader de PiS se pose en défenseur des valeurs traditionnelles. Sa stratégie de campagne a de quoi étonner puisqu’il refuse tout débat ou rencontre avec ses adversaires politiques.
Durant la présidence
L’issue du scrutin dépend aussi de la mobilisation des élections. Il est rare que plus de 50% des Polonais se déplacent. Aux européennes de 2009, ils n’étaient que 20% à avoir exercé leur droit de vote.
Ces législatives sont enfin organisées au beau milieu de la première présidence polonaise de l’UE. Ce n’est pas la première fois qu’un pays à la tête de l’Union connait des mouvements politiques au plan national. En 2010, la présidence belge avait été menée par le gouvernement démissionnaire d’Yves Leterme et, en 2009, le premier ministre tchèque Mirek Topolanek avait été censuré par son Parlement.