Energie : au sommet, rien de nouveau
Le développement des infrastructures, l’investissement dans les technologies faibles en carbone, l’achèvement du marché intérieur ou encore l’évaluation du potentiel de l’UE dans les gaz de schiste ont été évoqués lors de la rencontre.
Le développement des infrastructures, l’investissement dans les technologies faibles en carbone, l’achèvement du marché intérieur ou encore l’évaluation du potentiel de l’UE dans les gaz de schiste ont été évoqués lors de la rencontre.
Réunis à Bruxelles pour une rencontre exceptionnelle consacrée à l’énergie et à l’innovation, vendredi 4 février, les dirigeants européens n’ont pas pris de décisions significatives.
Comme nous l’indiquions, les chefs d’État et de gouvernement des 27 ont insisté sur la nécessité d’achever l’intégration du marché de l’énergie au sein de l’UE d’ici 2014. Mais les textes à mettre en œuvre ne permettent pas aujourd’hui d’atteindre cet objectif.
« Le troisième paquet énergie [qui doit être transposé par les États d’ici mars 2011] n’est pas l’équivalent du marché intérieur, explique Susanne Nies, directrice du service politique d’Eurelectric, la fédération des électriciens européens. Aujourd’hui les stratégies sont plus que jamais nationales dans le domaine de l’énergie. Nous voudrions bien comprendre ce que les dirigeants européens entendent par là. »
Les conclusions de la rencontre encadrent également le financement des infrastructures énergétiques. Celles-ci devront être dans la grande majorité des cas financées par le secteur privé.
Rien sur l’acceptabilité
« Aucun État membre de l’UE ne devrait rester à l’écart des réseaux européens du gaz et de l’électricité au-delà de 2015, ni voir sa sécurité énergétique mise en péril par le manque de connexions appropriées », indique également le texte. Mais pas un mot sur la question de l’acceptabilité des infrastructures par les populations. C’est pourtant l’un des principaux obstacles à l’avancement des projets d’interconnexions.
Aucune décision majeure non plus sur l’efficacité énergétique, pourtant cruciale pour atteindre les objectifs de lutte contre le changement climatique de l’UE. Le texte adopté ne prévoit aucune mesure supplémentaire pour la rénovation thermique des bâtiments anciens.
Les dirigeants indiquent que des standards d’efficacité énergétique devront figurer dans les contrats publics pour tous les nouveaux bâtiments publics et services à partir du 1er janvier 2012.
Mais cette décision correspond en réalité à la législation déjà adoptée. Une directive prévoit que tous les bâtiments neufs devront, d’ici 2018, être économes en énergie. Or, une construction publique met plusieurs années à être achevée.
Point d’étape en 2013
Les Européens ne sont pas en bonne voie pour atteindre l’objectif de 20% d’efficacité énergétique dans l’UE en 2020. Les dirigeants ont pourtant prévu d’attendre 2013 pour faire le point et voir si de nouvelles mesures devaient être prises.
« Le surplace des chefs d’État et de gouvernement est incompréhensible : rien de sérieux sur les économies d’énergie alors qu’avec une vraie stratégie européenne pour les économies d’énergies, nous pourrions réduire nos importations énergétiques de plus de 130 milliards d’euros par an et créer entre un et deux millions d’emplois d’ici 10 ans », s’indigne le député européen Yannick Jadot (Europe Ecologie, Verts/ALE).
Développer les technologies « décarbonnées »
Comme prévu, les conclusions de la réunion mentionnent à plusieurs reprises les énergies « faibles en carbone ». Le texte souligne que « l’UE et les États membres doivent soutenir les investissements dans les renouvelables et dans des technologies faibles en carbone, sûres et durables ». Une mention soutenue notamment par la France. Paris promeut l’énergie d’origine nucléaire, qui entre dans la catégorie de ces technologies faibles en carbone, avec la capture et le stockage de CO2.
Les dirigeants européens ont enfin décidé de s’intéresser au gaz de schiste. Un choix plus particulièrement soutenu par la Pologne, dont le sous-sol serait fortement pourvu en la matière. « Afin de renforcer la sécurité de l’approvisionnement de l’UE, il conviendrait d’évaluer le potentiel dont dispose l’Europe en matière d’extraction et d’utilisation durables de ressources en combustibles fossiles conventionnels et non conventionnels (gaz de schistes et schiste bitumineux)», indiquent les conclusions de la rencontre.
Ce gaz fait actuellement l’objet de polémiques, notamment en France. Selon les ONG environnementales, il serait cher à extraire, sale, polluant, et dangereux pour la santé.