Entretien : l’UE n’a pas réussi à « communiquer » avec les citoyens [FR]
De récentes initiatives pour communiquer avec les citoyens ont « probablement échoué », mais les récents appels du Parlement à un dialogue structuré entre les institutions européennes et la société civile sont un « signe très positif ». C’est ce qu’a déclaré dans un entretien avec EURACTIV Conny Reuter, président de la Plateforme sociale.
De récentes initiatives pour communiquer avec les citoyens ont « probablement échoué », mais les récents appels du Parlement à un dialogue structuré entre les institutions européennes et la société civile sont un « signe très positif ». C’est ce qu’a déclaré dans un entretien avec EURACTIV Conny Reuter, président de la Plateforme sociale.
Selon M. Reuter, un récent rapport, rédigé par l’eurodéputée polonaise Genowefa Grabowska et approuvé ce mois (EURACTIV 14/01/09) a « démontré que les eurodéputés, les représentants des citoyens européens, prennent très au sérieux le renforcement du dialogue avec la société civile ».
Il n’en demeure pas moins que les tentatives actuelles et précédentes de l’UE de communiquer avec les citoyens, notamment le Plan D de la Commission, n’ont pas enflammé l’imagination des citoyens européens, a déclaré le président de la plate-forme sociale, un réseau d’ONG sociales européennes.
« Prenez le taux attendu de participation aux élections européennes : beaucoup disent qu’il sera faible. Il y a là un argument qui laisse entendre que ces initiatives ont probablement échoué », a-t-il déclaré.
Selon M. Reuter, la priorité des institutions européennes doit être de s’engager dans un dialogue avec les citoyens « actifs », c’est-à-dire ceux qui ont décidé d’offrir leur temps libre pour aider à l’amélioration de la société. En d’autres termes, prêcher des convertis. « Ces citoyens ont formé des associations populaires et se sont rassemblés dans des coalitions nationales ou des plates-formes, qui se réunissent ensuite au niveau européen au sein de réseaux transnationaux tels que la plate-forme sociale. Ils ne sont pas là pour réaliser des profits ou augmenter ceux de leurs actionnaires. Ils sont là pour améliorer les conditions de vie des gens, se battre pour la justice sociale ou le changement climatique, pour défendre une Europe fondée sur la solidarité et les droits de l’homme. Alors pourquoi ne pas les impliquer dans les débats européens ? »
La ratification du traité de Lisbonne sera une étape clé vers un dialogue social plus solide, a déclaré M. Reuter. Pour la première fois, un traité européen reconnaîtrait que l’implication des citoyens au-delà de la traditionnelle démocratie représentative est un important principe démocratique.
Des éléments du traité, tels que l’initiative populaire feront « sentir aux personnes que l’Europe fait attention à ce qu’ils ont à dire et à ce qu’ils veulent », a-t-il insisté.
Il faut que le financement d’un dialogue plus vaste avec la société civile ne nuise à personne, selon le président de la plate-forme sociale. « Investir dans un véritable dialogue civil signifie qu’il faut faire moins d’erreurs lors de la mise en œuvre des politiques, ce qui se traduira à en retour par des économies d’argent.
En outre, M. Reuter a déclaré: « nous ne sommes pas en train de parler de trouver des millions. Regardons combien la Commission (ou le Parlement) dépense pour des services de conseil pour qu’ils lui fournissent des études, des rapports ou des recommandations. Une partie de cet argent pourrait également être investie dans la communication avec les citoyens et les organisations civiles ».
Le Parlement doit désormais « faire pression en faveur des changements proposés dans le rapport », a-t-il conclu.
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