Fessenheim : Delphine Batho confirme l’engagement de fermer la centrale

La ministre de l’Ecologie a participé à sa première audition devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.

EURACTIV.fr

La ministre de l’Ecologie a participé à sa première audition devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.

« Je rappelle les engagements pris de fermer la centrale la plus ancienne Fessenheim », a déclaré la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, dans ses propos introductif, mercredi 11 juillet, lors de sa première audition devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. 

Pendant la campagne électorale, François Hollande avait promis que la plus vieille centrale de France serait fermée en 2017. Cette décision a été actée dans l’accord électoral entre le PS et Europe écologie les Verts signé en novembre 2011.

Certains élus ont interrogé la ministre de l’Ecologie sur ce que comptait faire l’État pour indemniser les énergéticiens étrangers qui ont investi dans la centrale depuis des décennies. 

En échange de droit de tirage, c’est-à-dire de la possibilité de bénéficier de l’électricité de base produite par la centrale d’EDF, plusieurs sociétés étrangères ont pris à l’origine des participations dans Fessenheim.

Les sociétés Suisses Alpiq, BKW et Axpo se partagent un tiers du capital d’une filiale de la centrale. 

Echange base contre pointe

Cet accord industriel avec EDF permet à la Suisse, depuis 40 ans, de sécuriser son approvisionnement électrique. Le pays, château d’eau de l’Europe, dispose d’électricité pour les périodes de pointe grâce à ces barrages hydroélectriques, mais manque de l’électricité de base fournie par les centrales nucléaires. 

L’Allemand E.ON détient aussi 17,5% de la centrale de Fessenheim. 

Ces sociétés ont investi depuis plusieurs décennies dans la maintenance du site et s’inquiètent de ne pas être indemnisées suffisamment en cas de fermeture. Cette décision impliquera également de trouver d’autres sources d’approvisionnement électriques pour ces pays. 

En Suisse, le canton de Bâle a cependant déjà demandé au gouvernement français, à la suite de la catastrophe de Fukushima au Japon, de fermer Fessenheim. Situé à une quarantaine de kilomètres d’une faille sismique, le réacteur numéro 1 aurait provoqué « 240 évènements en 10 ans », ont rappelé les autorités, c’est-à-dire 240 problèmes plus ou moins graves. 

Le Conseil régional de Franche-Comté, tout comme les élus minicipaux de Strasbourg ont également demandé la fermeture de la centale. Les Verts au Parlement européen ont aussi demandé le démentèlement. 

Un projet de construction de centrale à gaz à la place de la centrale nucléaire a été évoqué pendant la campagne. Mais il ne permettrait pas de remplacer tous les emplois perdus, ni de régler le manque à gagner en terme d’approvisionnement électrique. 

Les interrogations des élus sont, pour le moment, restées sans réponse. 

CALENDRIER : 

  • Automne 2012 : conférence sur la transition énergétique
  • Premier semestre 2013 : projet de loi d’orientation sur l’énergie
  • 2017 : Fermeture envisagée de la centrale de Fessenheim