Gaz de schiste : Vladimir Poutine veut faire mieux que la concurrence

Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, a appelé les entreprises gazières du pays à relever le défi du gaz de schiste. Les Etats-Unis exploitent de plus en plus ce type de gaz et plusieurs pays européens sont à différents stades d'exploration.

EURACTIV.com
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Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, a appelé les entreprises gazières du pays à relever le défi du gaz de schiste. Les Etats-Unis exploitent de plus en plus ce type de gaz et plusieurs pays européens sont à différents stades d'exploration.

La production américaine de gaz de schiste pourrait sérieusement restructurer l'offre et la demande sur le marché mondial des hydrocarbures, a déclaré M. Poutine hier (11 avril) lors de son dernier discours à la Douma d'Etat avant de reprendre les rênes de la présidence le 7 mai.

« Les entreprises énergétiques de notre pays doivent absolument être prêtes à relever ce défi dès aujourd'hui », a-t-il affirmé.

M. Poutine a expliqué que la Russie devait se préparer à « tout choc extérieur », dans la mesure où le monde entrait dans « une zone de turbulences » assortie d'une « nouvelle vague de changements technologiques qui bouleverse la configuration des marchés mondiaux ».

« Je suis tout à fait d'accord avec la proposition des députés concernant la création d'un meilleur système pour les prévisions à long terme sur le plan macroéconomique, financier, technologique et dans le domaine de la défense. C'est d'une grande importance, dans la mesure où le XXIe siècle promet de voir émerger de nouveaux centres géopolitiques, financiers, économiques, culturels et de civilisation », a-t-il expliqué devant la chambre basse.

Bloomberg a rapporté que les Etats-Unis avaient pris la place de la Russie en tant que plus grand producteur de gaz naturel en 2009 grâce à l'extraction de gaz renfermé dans le schiste (voir « Contexte »). Ces nouvelles techniques ont entraîné la chute des prix et des pays comme la Chine et la Pologne explorent aujourd'hui la possibilité d'exploiter le gaz de schiste pour réduire leur dépendance vis-à-vis du gaz russe.

Propagande russe ?

La France a interdit les forages visant à puiser du gaz dans le schiste pour des raisons environnementales. Le géant américain de l'énergie, Chevron, a quant à lui suspendu ses activités d'exploration du gaz de schiste en Bulgarie et en Roumanie suite à des manifestations.

Selon le Kyiv Post, ce ne serait pourtant pas la première fois que M. Poutine mentionne le gaz de schiste.  Il en a parlé il y a 18 mois, affirmant que la principale entreprise énergétique du pays, Gazprom, devait faire preuve de plus d'efficacité en réponse à une concurrence accrue.

Stratfor, une entreprise de renseignement américaine, affirme que l'entreprise gazière russe souffre de nombreux problèmes, pour la plupart liés au système de tarification qui alloue de généreuses subventions aux consommateurs nationaux.

Gazprom craint en outre que les revenus de ses ventes chutent en Europe suite à la tenue de négociations sur les prix avec bon nombre de ses clients européens.

Si l'on ajoute à cela les tentatives de diversification de l'approvisionnement en Europe, Gazprom pourrait bientôt se retrouver dans l'impossibilité de compenser ses pertes au niveau national par les importants profits réalisés sur le marché européen, expliquent les experts de Stratfor.