Giorgia Meloni plus proche que jamais des États-Unis de Joe Biden
Le récent décès de Silvio Berlusconi éloigne encore davantage l’Italie de la Russie et la rapproche plus que jamais des États-Unis. La Première ministre Giorgia Meloni a récemment présenté deux conditions pour faire partie de son gouvernement : l’Europe et l’atlantisme.
Le récent décès de Silvio Berlusconi, connu pour ses positions pro-américaines, mais aussi son amitié avec Vladimir Poutine, éloigne encore davantage l’Italie de la Russie et la rapproche plus que jamais des États-Unis. La Première ministre Giorgia Meloni a récemment présenté deux conditions pour faire partie de son gouvernement : l’Europe et l’atlantisme.
Mme Meloni a tenu ces propos peu après les déclarations controversées de M. Berlusconi sur le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky, ajoutant que quiconque ne partage pas son point de vue sur l’UE et les États-Unis « est exclu ».
« M. Berlusconi a toujours été du côté de l’Occident, un soutien dans les relations avec les États-Unis et Israël. Le gouvernement de Mme Meloni continue sur cette voie et confirme l’atlantisme du gouvernement italien », a expliqué à EURACTIV le philosophe politique Corrado Ocone.
Toutefois, Mme Meloni n’a pas toujours partagé les politiques de l’OTAN. En 2016, par exemple, elle avait critiqué la décision de déployer des troupes, y compris des troupes italiennes, en Lettonie en 2018 et avait demandé des comptes au Premier ministre de l’époque, Matteo Renzi.
« C’est une idiotie digne de la politique étrangère ratée de Barack Obama. L’Europe et l’Italie n’ont aucun intérêt à créer un climat de guerre froide avec la Russie », avait-elle écrit sur les réseaux sociaux.
Aujourd’hui, cependant, Mme Meloni est non seulement d’accord avec toutes les décisions de l’OTAN concernant la guerre en Ukraine, mais elle semble également entretenir de très bonnes relations avec l’actuel président américain Joe Biden, malgré la distance politique et les critiques qu’elle a formulé à son égard avant son arrivée au pouvoir.
« Nous voulons être alliés et non sujets. Je ne suis pas heureuse d’entendre le président américain Joe Biden dire que les sanctions [contre la Russie] n’auront qu’une influence minime sur les Américains. Ici, en Italie, les conséquences seront maximales. Il s’agit de répartir les charges et les honneurs. Nous ne servirons pas de mules à l’Occident », a déclaré Mme Meloni depuis la scène d’un rassemblement des Frères d’Italie à Milan en avril 2022.
La première rencontre entre Mme Meloni et M. Biden a eu lieu lors du G7 à Hiroshima, au Japon, et a été immortalisée par une photo populaire sur laquelle M. Biden tenait la main de la Première ministre italienne. Par ailleurs, la première visite officielle de Mme Meloni aux États-Unis semble être prévue pour le mois de juillet, huit mois après son investiture au Palais Chigi.
« Nous travaillons à l’organisation de la visite de Mme Meloni aux États-Unis en juillet. La Première ministre rencontrera le président Joe Biden afin de renforcer le partenariat entre les États-Unis et l’Italie. Il existe une vision commune entre l’Italie et les États-Unis, qui constituent notre principal allié dans le monde », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani (Forza Italia/PPE) lors de sa visite à Washington lundi (12 juin), au cours de laquelle il a rencontré le secrétaire d’État américain Antony Blinken.
La proximité de l’Italie avec les États-Unis semble en outre faire obstacle au renouvellement de l’accord de la Route de la soie avec la Chine de Xi Jinping. Cet accord avait été signé en mars 2019 par l’ancien Premier ministre Giuseppe Conte (Mouvement 5 étoiles) sous le gouvernement « jaune-vert » avec la Ligue de Matteo Salvini, aujourd’hui au gouvernement avec Mme Meloni.
« La cohérence voudrait que cet accord ne soit pas renouvelé aujourd’hui, même si cela crée des problèmes économiques et diplomatiques », explique M. Ocone, qui rappelle que la Ligue a critiqué l’accord avec la Chine dès le début, alors que le parti faisait partie du gouvernement.
Mme Meloni devra décider d’ici la fin de l’année de la marche à suivre puisque l’accord, s’il n’est pas renouvelé par le gouvernement italien, expirera en mars 2024.