Grèce, Italie, FESF : la zone euro marche sur des oeufs

Dans un contexte de forte incertitude politique, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de ne pas s’avancer sur les trois dossiers chauds du moment.

EURACTIV.fr

Dans un contexte de forte incertitude politique, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de ne pas s’avancer sur les trois dossiers chauds du moment.

Etant donné le flou sur l’évolution de la situation politique en Grèce et en Italie et sur le renforcement du FESF, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé, lundi 7 novembre, de se donner le temps de la réflexion. Ils espèrent y voir plus clair d’ici leur prochaine réunion, le 29 novembre.

Engagement écrit

A l’issue de leur rencontre, ils se sont contentés d’exiger des deux principaux partis grecs qu’ils réaffirment, par écrit, leur engagement à respecter les réformes décidées pour assainir leurs finances publiques et le plan de sauvetage du 27 octobre.

Cette lettre, qui devra être rédigée par le gouvernement de transition, est la condition posée au versement de la sixième tranche d’aide de 8 milliards d’euros à Athènes, sans quoi le pays se trouverait en cessation de paiement dans les semaines à venir.

« Esprit constructif »

Les discussions autour de la formation du nouveau gouvernement d’union nationale grec n’ont toujours pas abouties mais elles se poursuivent « dans un esprit constructif », a confié à Reuters un responsable politique.

Ce gouvernement de coalition, transitoire, devra poursuivre la politique d’austérité pour s’assurer le soutien continu de la Troïka et organiser des élections législatives anticipées d’ici trois mois.

L’ancien vice-président de la BCE, Lucas Papademos, semblait être favori, lundi soir. Mais rien n’a encore été décidé et une réunion du gouvernement sortant est prévue mardi matin.

Vote au Parlement italien

En Italie, Silvio Berlusconi pourrait être délogé de son poste, mardi 8 novembre, à la faveur d’un vote décisif au Parlement sur les finances publiques, dans l’après-midi.

Le ministre des Finances du pays, Giulio Tremonti, a quitté précipitamment une réunion avec ses homologues européens pour retourner à Rome mardi matin, selon l’agence Ansa. 

La presse italienne estime que 20 à 40 députés de la majorité sont prêts à sauter le pas, ce qui ferait tomber le gouvernement et ouvrirait la voie à des élections anticipées.

La gauche italienne a laissé entendre qu’elle pourrait s’abstenir dans un mouvement tactique visant à mettre en évidence l’étroitesse de la majorité du gouvernement, mais déposerait dans les jours suivants une motion de censure contre le chef du gouvernement.  

« Postes bien mérités »

Mais Berlusconi s’accroche au pouvoir. Il s’est lancé dans une opération séduction pour préserver sa majorité, rencontrant les indécis et offrant de récompenser ses suiveurs par « des postes bien mérités » au gouvernement.  

Depuis plusieurs dernières semaines, le manque de détermination et de crédibilité du « Cavaliere » à mettre en place les réformes nécessaires pour redresser la situation budgétaire et économique de son pays contrarie les marchés.

Le taux de rendement des obligations à dix ans a atteint lundi un niveau sans précédent depuis 1997, à 6,67%. Or les économistes s’accordent à dire qu’un taux supérieur à 7% priverait l’Italie d’accès aux marchés obligataires. Si le pays venait à faire défaut, ce serait dévastateur pour la zone euro en raison de la taille de son économie.