Grèce : l’union nationale avant de nouvelles élections
Les deux principaux partis du pays se sont mis d’accord pour former ensemble un gouvernement avant la tenue des élections le 19 février prochain. Les ministres des finances se réunissent aujourd’hui et demain à Bruxelles, d’abord à 17 puis 27.
Les deux principaux partis du pays se sont mis d’accord pour former ensemble un gouvernement avant la tenue des élections le 19 février prochain. Les ministres des finances se réunissent aujourd’hui et demain à Bruxelles, d’abord à 17 puis 27.
Les socialistes grecs et l’opposition de droite se sont mis d’accord sur le fond. Georges Papandréou quittera bien le pouvoir et un gouvernement d’union nationale sera formé dans les jours à venir.
Depuis le vote de confiance remporté par le gouvernement dans la soirée du 4 novembre, les tractations allaient bon train, le président de la République, Karolos Papoulias jouant le rôle d’intermédiaire.
Approuver le plan européen
Les responsables politiques doivent encore s’entendre sur la forme et sur le nom du nouveau Premier ministre du pays.
Les médias grecs voient en Lucas Papademos, ancien vice-président de la Banque centrale européenne, le favori pour diriger ce gouvernement de transition. La nouvelle équipe devrait entrer en fonction et obtenir la confiance du Parlement d’ici une semaine, a déclaré le porte-parole du gouvernement.
Condition posée Antonis Samaras, le leader des conservateurs, l’organisation d’élections anticipées. Elles auront lieu le 19 février prochain.
D’ici là, il faudra que le gouvernement de transition mette en place le plan d’aide européen conclu fin octobre à Bruxelles. Il prévoit une réduction de 50% de la dette privée du pays mais aussi de nouvelles mesures d’austérité et une surveillance accrue de la Grèce par le Fonds monétaire international et l’Union européenne.
Eviter la contagion
Cet accord de coalition vise à prouver aux autres pays de la zone euro que la Grèce est déterminée à éviter la faillite.
L’urgence était grande puisque le ministre des Finances Evangelos Venizelos doit retrouver lundi et mardi à Bruxelles ses homologues de la zone euro.
Ces réunions donnent le coup d’envoi d’une nouvelle semaine décisive pour la monnaie unique après la cacophonie du G20 de la semaine dernière. En plus de la Grèce, les ministres devront agir sur plusieurs fronts pour tenter d’éteindre l’incendie qui menace l’euro et qui, après avoir emporté la Grèce, l’Irlande et le Portugal, menace désormais l’Italie, l’Espagne et à terme la France.
Il sera demandé des gages de sérieux à Rome. L’Italie est maintenant placée sous surveillance du FMI. Pour éviter une envolée de ses taux d’emprunt sur les marchés, la Banque centrale européenne rachète sa dette depuis plusieurs jours.
Dimanche, le Luxembourgeois Yves Mersch, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a envoyé une mise en garde au pays, liant la poursuite des rachats de titres de dette souveraine italiens aux réformes.
Dès décembre
Les Dix-Sept chercheront à accélérer l’application des décisions prises lors du double sommet européen et de la zone euro du 26 octobre : plan de recapitalisation des banques, nouveau plan grec et, surtout, recours à l’effet de levier pour porter les capacités du Fonds européen de stabilité financière (FESF) à au moins 1.000 milliards d’euros.
Cette question a été largement abordée jeudi et vendredi à Cannes dans la mesure où le FMI pourrait prêter un soutien administratif et technique à cette « démultiplication ».
Selon une source européenne de haut rang, la Commission européenne fera une série de propositions en ce sens lundi soir, avec pour objectif de parvenir à une solution techniquement viable et politiquement acceptable d’ici fin novembre.
Les investisseurs dans les titres souverains de la zone euro pourraient se voir offrir des garanties sur les premières pertes par le FESF dès décembre.