Grèce : le nouveau gouvernement veut « repartir à zéro » avec la Turquie
Le gouvernement conservateur grec va adopter une approche plus positive dans ses relations avec la Turquie voisine, une décision qui devrait être annoncée lors d’une rencontre entre le Premier ministre grec et le président turc en marge du sommet de l’OTAN à Vilnius.
Le gouvernement conservateur grec va adopter une approche plus positive dans ses relations avec la Turquie voisine, une décision qui devrait être annoncée lors d’une rencontre entre le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis et le président turc Recep Tayyip Erdoğan, en marge du sommet de l’OTAN à Vilnius (11-12 juillet).
Le nouveau ministre grec des Affaires étrangères, le professeur Giorgos Gerapetritis, est un proche allié de M. Mitsotákis. Sous le gouvernement précédent, il a été ministre d’État. Il a à présent remplacé Níkos Déndias en tant que chef de la diplomatie grecque.
Dans son premier discours depuis sa prise de fonctions, M. Gerapetritis n’a pas fait référence à la Turquie, insistant sur le fait que les lignes de la politique étrangère du pays resteraient inchangées.
« La politique étrangère grecque a été et restera une politique de principes, une politique basée sur le droit international, inspirée par les principes de la Charte des Nations unies et visant à la coopération et à la stabilité régionales », a déclaré le ministre.
Il a souligné que ces principes sont « remis en question » par les instabilités géopolitiques observées aujourd’hui et a ajouté : « Il est de notre devoir de défendre quotidiennement notre souveraineté et notre identité nationale, ce qui n’est pas négociable […]. Je vous assure que nous le ferons pleinement ».
Au cours des quatre dernières années, les relations entre Athènes et Ankara n’ont pas toujours été au beau fixe, notamment en raison de différends de longue date dans la mer Égée, qui n’ont toujours pas été résolus.
Après des années de troubles, la situation s’est apaisée à la suite d’un tremblement de terre en Turquie et de la solidarité manifestée par Athènes.
Les médias d’Athènes suggèrent que même si, dans la pratique, au niveau politique, il n’y a pas eu de progrès, le changement de « visages » aux postes de politique étrangère à Athènes et à Ankara pourrait marquer le début d’une nouvelle ère.
En effet, lors des récentes élections turques qui ont vu Recep Tayyip Erdoğan réélu, Hakan Fidan a remplacé Mevlüt Çavuşoğlu, qui maintenait que les tensions entre les deux pays persisteraient tant que les problèmes n’étaient pas réglés.
Entre-temps, une rencontre est prévue entre MM. Mitsotákis et Erdoğan en marge du sommet de l’OTAN qui se tiendra à Vilnius les 11 et 12 juillet prochains.
L’annonce a été faite presque immédiatement après la victoire du parti de droite de Kyriakos Mitsotákis, Nouvelle Démocratie (Parti populaire européen), aux élections générales de ce dimanche (25 juin).
Les analystes estiment que lors de la réunion, les deux dirigeants mettront en avant une approche constructive malgré le fait que ni Athènes ni Ankara n’ont changé leurs positions sur les questions centrales du conflit.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]