Guy Verhofstadt profite de la controverse sur le PVV pour s'en prendre à Nicolas Sarkozy
Guy Vehofstadt, le leader du groupe libéral ADLE, a déclaré hier (13 mars) que les récentes attaques verbales du président français, Nicolas Sarkozy, contre l’immigration et les accords de Schengen étaient plus graves que le silence du gouvernement néerlandais quant au site Internet discriminatoire du Parti de la liberté PVV.
Guy Vehofstadt, le leader du groupe libéral ADLE, a déclaré hier (13 mars) que les récentes attaques verbales du président français, Nicolas Sarkozy, contre l’immigration et les accords de Schengen étaient plus graves que le silence du gouvernement néerlandais quant au site Internet discriminatoire du Parti de la liberté PVV.
Lors d'un débat portant sur le site Internet du PVV (voir « Contexte ») au Parlement européen, M. Verhofstadt a exhorté tous les partis du gouvernement néerlandais à se distancer du contenu de ce site et à condamner les incitations à l'intolérance et à la haine contre d'autres Européens.
Le débat s'est surtout concentré sur le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, qui refuse toujours de se positionner contre le PVV bien que le président du Parlement européen, Martin Schulz, lui ait demandé de le faire lors du sommet européen des 1 et 2 mars derniers.
M. Verhofstadt, un ancien premier ministre belge, a également fait référence aux récentes déclarations de M. Sarkozy qui tient un discours anti-immigration dans le cadre de sa campagne électorale contre le socialiste François Hollande.
« Affirmer que la moitié des immigrés devraient quitter la France, attaquer la viande halal et dans le même temps attaquer ses partenaires concernant Schengen […] C'est du jamais vu de la part d'un président en campagne », a déclaré M. Verhofstadt qui a été applaudi pour ces propos au Parlement. « Qui est le candidat d'extrême droite ? Marine Le Pen ou Nicolas Sarkozy ? »
Marine Le Pen, la présidente du Front National, participera bel et bien au premier tour des élections françaises le 22 avril prochain. Elle a en effet annoncé hier qu'elle avait recueilli les 500 signatures de maires nécessaires pour participer au scrutin, conformément à la constitution du pays.
La campagne de Mme Le Pen n'avait pas encore réellement commencé, notamment en raison de ce problème de signatures.
Joseph Daul, le leader français du groupe PPE de centre-droit, assis aux côtés de M. Verhofstadt lors de son discours, était visiblement mal à l'aise. En tant que leader du plus grand groupe au Parlement européen, M. Daul a lancé le débat sur le site Internet du PVV et n'y est pas allé de main morte contre la passivité des autorités néerlandaises qui ont laissé les auteurs de ce site rendre les immigrés vulnérables.
« Dois-je vous rappeler que Nicolas Sarkozy n'a pas inclus le Front National dans son gouvernement ? », a demandé M. Daul.
Les groupes des Socialistes et des Verts ont fustigé M. Rutte et condamné le site xénophobe, mais ils ne s'en sont pas pris au président français.
De nombreux intervenants lors du débat étaient d'origine néerlandaise. Parmi eux, l'eurodéputée verte Marije Cornelissen a accusé le gouvernement néerlandais d'alimenter la mésentente et les mauvais sentiments en bloquant par exemple l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l'espace Schengen de libre circulation.
M. Rutte est le seul dirigeant européen à s'opposer à l'accession de la Bulgarie et de la Roumanie à l'espace Schengen, affirmant qu'il n'est pas possible de compter sur ces pays pour contrôler les frontières communes de l'UE en raison de la corruption qui y règne. Plus important encore, il semblerait que M. Rutte se soit engagé auprès du PVV à ne pas opposer de veto.
Le ministre danois des affaires européennes, Nicolai Wammen, qui représente la présidence tournante du Conseil de l'UE, a déclaré que « la liberté d'expression ne signifiait pas que tout le monde pouvait dire n’importe quoi sur n'importe qui ».
Une résolution devrait être votée aujourd'hui, appelant le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, à prendre de la distance par rapport à ce site Internet « déplorable ».
Les eurodéputés estiment que le site du PVV enfreint la convention européenne des droits de l’homme et les règles sur la protection des données personnelles.
L'eurodéputé Auke Zijlstra du PVV a accusé l'« élite bruxelloise » d'importer de la criminalité d'Europe de l'Est via l'application du principe de libre circulation de la population.