La pression s'accentue sur Pedro Sánchez après l'ouverture d'une nouvelle enquête sur son épouse

Alors que le Premier ministre espagnol participait au sommet européen à Bruxelles, un tribunal madrilène a décidé d'ouvrir une nouvelle enquête sur son épouse, Begoña Gómez

EURACTIV.com
Begoña Gomez Appears In The Commission Investigating In The Assembly Of Madrid
Begoña Gomez [Photo : Eduardo Parra/Europa Press via Getty Images] [Photo By Eduardo Parra/Europa Press via Getty Images]

MADRID – Un tribunal espagnol a ouvert vendredi une enquête distincte à l’encontre de l’épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, pour des faits présumés de malversation et de fraude concernant des fonds européens.

Alors même que ce dernier participait au sommet européen à Bruxelles, un tribunal de Madrid a décidé d’ouvrir une nouvelle enquête sur Begoña Gómez, son épouse, concernant d’éventuelles irrégularités dans une série d’appels d’offres publics financés par l’UE.

Depuis 2024, le Parquet européen (EPPO) est l’instance chargée de mener l’enquête sur des marchés publics de plusieurs millions attribués à l’homme d’affaires Juan Carlos Barrabés, via une prétendue médiation de l’épouse de M Sánchez.

L’EPPO a classé l’affaire sans suite et renvoyé le dossier en Espagne, dossier que le juge d’instruction de Madrid utilise désormais pour examiner si un contrat de l’agence numérique d’État Red.es a été truqué au profit de l’homme d’affaires.

Ces deux nouveaux chefs d’accusation s’ajoutent à l’enquête principale visant Mme Gómez. Le juge lui reproche notamment des faits de trafic d’influence et de corruption dans le cadre de ses activités professionnelles, liés à son travail universitaire à l’université Complutense de Madrid.

C’est précisément en raison de son statut d’épouse du Premier ministre, a noté le juge dans son acte d’accusation en avril dernier, qu’elle a bénéficié de l’expansion, du financement et des activités de sa chaire universitaire.

Lundi, le juge a convoqué Mme Gómez à une audience préliminaire à l’issue de l’enquête – une étape cruciale pour déterminer s’il convient de la renvoyer devant un tribunal avec jury, de lui imposer des mesures de précaution ou de classer l’affaire sans suite.

Le tribunal met également en examen une ancienne conseillère du cabinet de Sánchez, Cristina Álvarez, qui l’aurait aidée dans ses activités commerciales privées, ainsi que l’homme d’affaires Barrabés.

Mme Gómez clame son innocence, tandis que M. Sánchez n’a cessé d’affirmer qu’il existait un complot judiciaire à son encontre – un discours repris par certains de ses ministres, dont Félix Bolaños, à la tête du ministère de la Justice.

Cette nouvelle enquête accentue toutefois la pression sur M. Sánchez, alors que les scandales de corruption se multiplient au sein de son entourage.

La semaine dernière encore s’est achevé le procès de son frère, David Sánchez, devant un tribunal régional.

Un verdict de la Cour suprême est attendu sous peu concernant son ancien ministre et bras droit, José Luis Ábalos, tandis que nombre de ses anciens alliés, dont son prédécesseur et mentor, l’ancien Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero, font l’objet d’une enquête pour corruption présumée.

(bw)