Industrie : la France doit prendre exemple sur l’Allemagne

Les acteurs du secteur préconisent de prendre davantage exemple sur son voisin d’Outre-Rhin mais aussi de mieux communiquer auprès des pouvoirs publics, dont les institutions européennes.

EURACTIV.fr
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Les acteurs du secteur préconisent de prendre davantage exemple sur son voisin d’Outre-Rhin mais aussi de mieux communiquer auprès des pouvoirs publics, dont les institutions européennes.

L’industrie française souffre. C’est le constat de l’ambassadeur à l’Industrie, Yvon Jacob. « L’évolution globale est plus que préoccupante, souligne-t-il. En 10 ans, le recul de la compétitivité s’est traduit par une diminution de l’emploi très significatif. Le nombre d’entreprises industrielles a baissé de plus de 10%. »

Réunis à Paris, mercredi 15 décembre, pour un colloque organisé par le think tank Premier cercle sur la « France industrielle, leadership mondial », les acteurs du secteur industriel ont mis en avant les difficultés de leur filière  : poids des charges, lenteur de l’administration, problème de formation, réglementation européenne coûteuse et contraignante…

« Avant, c’était l’Europe de la concurrence, mais elle est en train de comprendre qu’elle doit se doter d’une politique industrielle, souligne l’ambassadeur. Une réciprocité nécessaire de fair trade se fait ressentir dans tous les pays. L’UE est entrain d’en dessiner les contours. »

« L’industrie est l’une des clés pour atteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020, ajoute le délégué général de l’institut Thomas More, Jean-Thomas Lesueur. Et la France est la plus mobilisée pour la ré-industrialisation. » Conscient de la nécessité de développer l’industrie, le gouvernement a créé la Conférence nationale de l’industrie (CNI) en juillet 2010.

Le modèle allemand

Pourtant, au niveau européen, le modèle reste l’Allemagne, pour sa puissance industrielle, sa compétitivité et ses méthodes.  . . C’est un vrai sujet« Elle a très bien su tenir compte des changements au niveau mondial. Tout le monde travaille ensemble pour le développement industriel, c’est-à-dire l’État, les entreprises, les partenaires sociaux, l’éducation, les organismes de recherche. Ils ont tous un même objectif de développement, une politique commune », précise M. Jacob.

Cette perméabilité entre l’industrie, les universités ou les services de recherche et développement n’est pas assez développée dans l’hexagone, tout comme les contacts entre entreprises. « Il n’y a pas de culture du consensus en France, reproche le directeur de Russel Reynolds Associates, Carl Azar. En Allemagne ou en Suède, on arrive à dégager des exercices stratégiques, à savoir quelle technologie développée pour appliquer des stratégies. On se met d’accord sur des normes », sans pour autant supprimer la concurrence.

Il a aussi mis en avant le clivage entre les dirigeants des PME et des entreprises de tailles intermédiaires (ETI) français et étrangers. Contrairement aux Allemands, ils sont frileux à se lancer dans l’exportation, et pour le recrutement. Mais les industriels ne veulent pas être les seuls coupables. Ils se plaignent aussi d’un coût du travail horaire plus important en France qu’outre Rhin.

Dévaluation

Pour expliquer leur problème de compétitivité à l’échelle mondiale, les industriels français mettent aussi en avant une monnaie européenne trop forte.

« Dans l’aéronautique, les ventes se font en dollars, explique le président du directoire de Safran, Jean-Paul Heterman. Quand le taux de change bouge de 10 centimes, cela correspond à 2 points de marge opérationnel. 1,40 dollar pour un euro ce n’est pas tenable sur le long terme, prévient-il. Cela fait 8% de marge opérationnelle alors que les Américains font entre 16 et 22%. C’est un vrai souci. »

Le président du conseil d’administration d’Essilor, Xavier Fontanet préconise même une dévaluation de l’euro.

Mais pour que leurs besoins soient pris en compte, les professionnels du secteur doivent aussi mieux communiquer. « Les industriels disent qu’au niveau européen, la décision est prise en dehors de notre contrôle, c’est en partie vrai, explique Yvon Jacob. L’Europe est souvent d’avantage vue comme un élément de gêne plutôt qu’un atout mais nous devons changer d’état d’esprit».

« Il faut prendre nos responsabilités et faire savoir aux pouvoirs publics quels sont nos besoins. Ils ne peuvent pas faire de bonnes politiques si on ne leur explique pas ce qu’on attend d’eux », ajoute l’ambassadeur. 

 

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4 au 10 avril 2011 : Semaine de l’industrie