Italie : pas de coalition à l’horizon

Le populiste Beppe Grillo et son mouvement citoyen excluent toute alliance avec les sociaux-démocrates. Les écologistes, alliés du centre-gauche, refusent de tendre la main au centre-droit. La Commission européenne réagit très mollement.

EURACTIV.fr

Le populiste Beppe Grillo et son mouvement citoyen excluent toute alliance avec les sociaux-démocrates. Les écologistes, alliés du centre-gauche, refusent de tendre la main au centre-droit. La Commission européenne réagit très mollement.

La position du mouvement 5 étoiles, fort de 163 sièges au Parlement, était courue d’avance, mais son chef de file vient d’enfoncer le clou : « Le M5S ne votera pas la confiance au Parti démocrate (PD, gauche), ni à d’autres », a affirmé Beppe Grillo le 27 février.

Les membres du collectif citoyen, créé en 2009, voteront ponctuellement les lois qui leur conviennent, mais refusent toute allégeance aux partis traditionnels.

Sur son compte twitter, Beppe Grillo décline quelques exemples : « Si Bersani propose l’abolition du financement public des partis politiques, nous le voterons aussitôt. » S’il introduit « le revenu minimum de citoyenneté, nous le voterons avec passion. »

La tactique du mouvement 5 étoiles a donné lieu à de vifs échanges entre le chef du mouvement populiste et le patron de la gauche social-démocrate, le premier accusant le second de « harcèlement politique ».

« Ce que Grillo a à me dire, y compris les insultes, je veux l’entendre au parlement. C’est là que chacun assumera ses propres responsabilités », a rétorqué Pier Luigi Bersani sur twitter.

Une condamnation judiciaire dans les années 1980, à la suite d’un accident de circulation mortel dont il est responsable, empêchera néanmoins le meneur de foules de siéger au Parlement.

Les tractations se compliquent également avec le parti écologiste, allié des sociaux-démocrates. Son chef de file, Nichi Vendola, rejette fermement tout projet d’alliance avec la droite berlusconienne.

Les turbulences politiques italiennes n’ont pas eu raison de la langue de bois européenne. Dans un communiqué conjoint diffusé à l’issue d’une rencontre avec Mario Monti, président du Conseil désavoué par les électeurs, José Manuel Barroso exprime « sa pleine confiance dans le fait que l’Italie, l’une des économies européennes et mondiales les plus importantes, assurera les conditions de la stabilité politique, dans l’intérêt de l’Italie et de l’Europe tout entière ».