Juncker pour une garantie communautaire sur la dette
Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, veut la mise en place d’une garantie communautaire pour les dettes publiques des pays de la zone euro. La solidarité entre les États serait ainsi renforcée.
Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, veut la mise en place d’une garantie communautaire pour les dettes publiques des pays de la zone euro. La solidarité entre les États serait ainsi renforcée.
Dans un entretien accordé au Figaro et publié le 5 novembre, le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a donné sa vision de la réforme du pacte de stabilité et de croissance. Il souhaite que les pays de la zone euro mettent en place une « garantie communautaire » sur une partie de leurs dettes publiques. Cette mise en commun permettrait d’accroitre la solidarité entre États, a-t-il expliqué.
Chaque pays placerait dans un pot commun une partie de sa dette, à hauteur de 60% de son PIB, plafond fixé par le Pacte de stabilité. Le reste de la dette des pays resterait couverte par la garantie nationale. Le Premier ministre luxembourgeois prévoit de présenter son projet avant la fin de l’année avec l’appui de la présidence belge de l’Union.
« Ce serait une façon adroite de rendre les pays fragiles plus attrayants aux yeux des investisseurs », a expliqué M. Juncker au Figaro. Sur les marchés financiers, la prime exigée par les investisseurs pour détenir des obligations d’État à 10 ans de l’Irlande, de la Grèce et du Portugal plutôt que des Bunds allemands a fortement augmenté ces derniers jours.
« L’Europe ne peut pas se satisfaire d’une évolution qui voit les plus forts abandonner les plus faibles au bord de la route », a-t-il déclaré au Figaro. Il s’est ainsi opposé à la position allemande, qui voudrait un renforcement des sanctions contre les pays qui ne respectent pas les règles communes. Berlin souhaite aussi que les créanciers privés des États, en particulier les banques, soient associés au mécanisme de gestion de crise.
« Plutôt que de faire fuir les banquiers en leur promettant qu’ils paieront les pots cassés, nous ferions mieux de chercher une solution européenne qui rassure les investisseurs comme les contribuables », a précisé le Premier ministre luxembourgeois.