L’Afrique de l’Est deviendra un acteur important de la géopolitique énergétique

Le gaz récemment découvert au Mozambique transformera probablement ce pays en un acteur important sur le marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL), ont indiqué des orateurs lors d’un évènement public à Bruxelles. Certains ont cependant mis en garde contre les attentes élevées par rapport à la prospérité et prévenu que les recettes n’arriveraient pas rapidement.

EURACTIV.com
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Le gaz récemment découvert au Mozambique transformera probablement ce pays en un acteur important sur le marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL), ont indiqué des orateurs lors d’un évènement public à Bruxelles. Certains ont cependant mis en garde contre les attentes élevées par rapport à la prospérité et prévenu que les recettes n’arriveraient pas rapidement.

 

Hors de portée des radars du secteur de l’énergie jusqu'à il y a peu, l'Afrique de l'Est est devenue l'une des zones incontournables du monde pour les réserves de pétrole et de gaz naturel, ont indiqué des orateurs lors d'une conférence organisée le 21 mars par l'Institut français des relations internationales (IFRI).

 

Les réserves totales de gaz du Mozambique et de la Tanzanie seraient de la même taille que celles de l'Australie. Sydney est devenu le premier fournisseur de gaz naturel liquéfié (GNL) sur le marché asiatique, qui représente deux tiers de la demande mondiale en GNL et croît rapidement.

 

Grands projets

 

Lors de la conférence, des experts ont indiqué que le Mozambique et la Tanzanie se classaient à la première et à la deuxième place du classement des dix découvertes de gaz les plus importantes en 2012. La plupart des gisements potentiels de gaz se trouvent en mer et un expert a déclaré que de nouvelles découvertes resteraient à venir. Il a présenté des statistiques révélant que le Mozambique arrivait douzième en termes de réserves de gaz établies dans le monde.

 

À titre de comparaison, la Russie joue un rôle prépondérant dans cette catégorie, avec 1 575 mille milliards de pieds cubes (pi3). Le Mozambique dispose de 127 mille milliards de pi3, d'après le même tableau.

 

Selon des experts, étant donné que le marché asiatique, et notamment la Chine, dépasse l'OCDE, le gaz récemment découvert en Afrique de l'Est comblerait en grande partie l'écart de la demande au cours de la prochaine décennie. Une partie du gaz pourrait également être acheminée vers l'Europe grâce au canal de Suez, ont-ils ajouté.

 

Anadarko (États-Unis), BG (Brésil), BP, Cove Energy (cotée au Royaume-Uni), ENI (Italie), PTTEP (Thaïlande), Shell, Statoil (Norvège) et Total (France) seraient les grands acteurs de la région.

 

Le Mozambique dispose également de charbon et pourrait devenir l'un des plus grands producteurs au monde au cours de la prochaine décennie. Le pays pourrait produire quelque 25 % du charbon à coke mondiales utilisées dans la production d'acier d'ici 2025. Selon différents orateurs, l'exploitation des réserves de charbon et de gaz nécessite la construction d'infrastructures : des routes, des ports, des voies ferrées, des réseaux électriques et de télécommunications.

 

« L'établissement de cadres réglementaires institutionnels et de ressources humaines est très important. Les institutions de l'État, mais également les entreprises ont besoin de formation. »

 

Des financements publics et privés sont requis et le rôle du FMI ou de l'UE n'est pas encore déterminé, ont indiqué des orateurs.

 

Les intervenants ont prévenu qu’il fallait gérer les attentes élevées selon lesquelles le Mozambique et la Tanzanie deviendraient rapidement prospères. Des investissements énormes sont nécessaires et certaines entreprises ont dépensé beaucoup d’argent avant le début de la production dans la construction d'écoles et d'hôpitaux, dans le renforcement de la formation universitaire et dans la limitation de l'empreinte environnementale.

 

Des représentants d'entreprises ont également déclaré que le système d’imposition de certains pays ne prenait pas toujours en compte ces investissements et que les gouvernements respectifs devaient « communiquer ».

 

La faible capacité de l'administration de gouvernements locaux et la lenteur relative de l'octroi de permis pourraient considérablement retarder l'industrie.