L’arrestation d’Hadzic rapproche encore la Serbie de l’UE

Le 20 juillet, la Serbie a annoncé l’arrestation de Goran Hadzic, le dernier grand fugitif de la guerre de Bosnie, recherché par la justice internationale pour "crimes contre l’Humanité".

EURACTIV.fr

Le 20 juillet, la Serbie a annoncé l’arrestation de Goran Hadzic, le dernier grand fugitif de la guerre de Bosnie, recherché par la justice internationale pour « crimes contre l’Humanité ».

Deux mois après Radko Mladic, c’est au tour de Goran Hadzic, ancien responsable serbe de Bosnie d’être arrêté par la police de Belgrade. 

Massacre de Vukovar 

Dans la matinée du 20 juillet, le gouvernement serbe a annoncé la capture de cet ancien président de la République autoproclamée des Serbes de Croatie, aussi appelée « Krajina » et qui recouvrait, entre 1991 et 1993, un tiers de l’actuelle Croatie. 

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) réclamait son arrestation depuis 2004. Il est inculpé de 14 chefs d’accusation dont ceux de « crimes contre l’Humanité » et génocide. Il aurait ordonné le massacre de 250 civils réfugiés dans l’hôpital de Vukovar, lors de la prise de la ville par les forces serbes en 1991.

Il serait aussi responsable du déplacement et de la déportation de milliers de civils non-serbes pendant la guerre de Bosnie entre 1991 et 1995. 

Comme Ben Laden 

Goran Hadzic a vécu sans se cacher dans la ville de Novi Sad, dans le nord de la Serbie, jusqu’au 13 juillet 2004, date de son inculpation par le tribunal international.  

Alerté par des ultranationalistes, il s’est enfui immédiatement, comme le montreront par la suite des images diffusées par le TPIY dans lesquelles on le voit quitter son domicile avec un sac dans l’après-midi du 13 juillet. Sa fuite a été tenue secrète pendant plusieurs jours. 

Selon le premier ministre serbe, Boris Tadic, cette arrestation est le fruit de trois années de travail intensif. « Il faut préparer ses actions pour obtenir des résultats », a-t-il dit, comparant cette traque à celle d’Oussama ben Laden, tué le 2 mai dernier au Pakistan par des commandos américains.

Candidature serbe

Dès l’annonce de la capture, les autorités européennes ont salué cette nouvelle. Dans une déclaration commune, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, la Haute Représentante de l’UE pour la politique extérieure, Catherine Ashton et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy ont estimé que cette arrestation constituait « un pas important » pour l’intégration serbe à l’UE. 

Adepte des réseaux sociaux, le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a directement félicité sur twitter les autorités serbes pour cette opération. 

Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a également réagi, estimant que l’événement « permettra de fermer le chapitre le plus douloureux de l’histoire récente de l’Europe ».  

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé a déclaré que « le Conseil devra en tenir compte lorsqu’il examinera l’avis que lui remettra la Commission, à l’automne prochain » au sujet de la candidature serbe à l’Union européenne. « Nous faisons confiance à la Serbie pour poursuivre les réformes pour aller vers l’Union européenne ».