L’économie verte pourrait créer jusqu’à 60 millions d’emplois
Un rapport de l’organisation internationale du travail estime qu’au moins la moitié de la main d’oeuvre mondiale sera touchée par la transition vers une économie plus respectueuse de l’environnement.
Un rapport de l’organisation internationale du travail estime qu’au moins la moitié de la main d’oeuvre mondiale sera touchée par la transition vers une économie plus respectueuse de l’environnement.
La création d’emplois dans « l’économie verte » est une source d’espoir pour les pouvoirs publics. Ils misent sur le développement de nouvelles technologies, des énergies renouvelables, de modes de production plus propres, ou encore sur le développement d’une agriculture plus durable, comme levier de croissance dans le monde.
15 à 60 millions
Mais il est très difficile de savoir précisément combien d’emplois pourraient être créés grâce à ce mouvement vers une économie durable. Les statistiques sur le sujet sont nombreuses et varient.
Les ordres de grandeurs présentés comportent aussi des écarts non négligeables. La dernière étude en date, publiée vendredi 1er juin, est issue de l’organisation internationale du travail (OIT). « La conversion à une économie plus respectueuse de l’environnement pourrait générer de 15 à 60 millions d’emplois supplémentaires à l’échelle mondiale au cours des vingt prochaines années et sortir des dizaines de millions de travailleurs de la pauvreté », indique l’OIT.
Au moins la moitié de la main d’œuvre mondiale, c’est-à-dire l’équivalent de 1,5 milliards de personne, sera « affectée par la transition vers une économie verte », ajoute le texte. Huit secteurs devraient jouer « un rôle central », selon le rapport : l’agriculture, la sylviculture (forêts), la pêche, l’énergie, l’industrie manufacturière à forte intensité de ressources, le recyclage, la construction et les transports.
De plus, « le développement écologique ne détruit pas l’emploi, comme on le dit souvent. Au contraire, s’il est bien géré, il peut déboucher sur de nouveaux emplois », a déclaré le directeur général du Bureau international du travail Juan Somavia dans un communiqué.
Approche globale
L’Europe aussi a ses statistiques. Au mois d’avril, la Commission européenne a présenté une communication sur les mesures favorables à l’emploi. Elle estimait alors que les seules énergies renouvelables pourraient créer jusqu’à cinq millions d’emplois dans l’UE d’ici 2020.
La création d’emplois verts dépend de l’implication des pouvoirs publics et des entreprises. « Ces bons résultats ont une chose en commun : la reconnaissance que les défis environnementaux et socio-économiques doivent être abordés de manière globale et complémentaire », indique le rapport.
Or, au plan politique, certains dossiers avancent lentement. Les discussions sur l’avenir du protocole de Kyoto après 2012, par exemple, évoluent petit à petit et un accord de transition entre les pays signataires pourrait seulement démarrer en 2015.
Dans l’UE, les États se sont engagés à réduire leurs émissions de 20% d’ici 2020 mais n’ont toujours pas décidé d’un objectif contraignant pour 2030. Quant au développement des énergies renouvelables, il prend du temps. Dans le solaire photovoltaïque, plusieurs entreprises ont fermé en un an en Europe, y compris en Allemagne, pays pourtant censé être fer de lance dans les renouvelables. Et on pourrait multiplier les exemples.
Pays émergents et en développement
Le rapport de l’OIT note que les gains d’emplois pourraient être plus élevés dans les pays émergents et en développement que dans nos contrées industrialisés. La Chine, le Brésil ou l’Inde peuvent plus facilement « opérer un saut vers les technologies vertes plutôt que remplacer des infrastructures hautement consommatrices de ressources devenues obsolètes ».