L’Europe fracture de plus en plus la société française
L’image de l’Union européenne auprès des Français continue de se dégrader selon un sondage Ipsos/Logica Business Consulting. Le sujet devient dans le même temps de plus en plus clivant entre les pro et anti européens.
L’image de l’Union européenne auprès des Français continue de se dégrader selon un sondage Ipsos/Logica Business Consulting. Le sujet devient dans le même temps de plus en plus clivant entre les pro et anti européens.
Un goût de second tour du référendum sur la Constitution européenne de 2005. C’est ce qui ressort du sondage commandé par Le Monde et France Inter sur les Français et l’Europe, rendu public mercredi 14 décembre.
Suffrage universel
Quelques jours après la décision des chefs d’État et de gouvernement de réformer les traités, 41% des sondés indiquent être en faveur d’un renforcement des pouvoirs de décisions de l’UE alors que 48% estiment qu’il vaut mieux accroître les prérogatives nationales.
Cette division de la société française est également visible dans la perception du bilan de l’intégration européenne. 50% pensent qu’elle est positive pour la France tandis que l’autre moitié s’interroge. Pour 34%, la question reste sans réponse mais pour 16%, l’appartenance à l’UE est une mauvaise chose.
Selon le sondage, « les évocations négatives (47%) font donc quasiment jeu égal avec les évocations positives (52%) alors qu’en 2001, le positif (64%) l’emportait largement sur le négatif (35%) ».
En 10 ans, la dégradation est conséquente, 34% des personnes interrogées éprouvant de la « crainte » envers l’UE. Evoluer vers une Europe plus démocratique serait l’une des solutions, puisque 61% des sondés se disent favorable à l’élection d’un président de l’UE au suffrage universel.
Europe politique
Malgré les critiques, six Français sur dix se déclarent attachés à l’Europe. 25% vont même jusqu’à dire qu’ils sont « très attachés ».
Pour la moitié des citoyens, l’UE représente avant tout la paix entre pays membres, mais aussi la liberté de circulation (46%), les échanges universitaires (34%) et la création d’une monnaie commune (30%).
Les points négatifs ? Le manque d’harmonisation sur le plan fiscal et surtout social, selon 60% des Français. 42% regrettent même que l’Europe n’ait pas réussi à créer un pouvoir central et une véritable Europe politique.
39% jugent aussi que le maintien d’un fort taux de chômage fait parti des échecs imputables à l’Europe. Ils ne sont d’ailleurs que 16% à mentionner le développement économique comme une réussite de l’UE.