Le projet franco-allemand de moteur, nouvelle victime de l'échec du programme SCAF

Safran a déclaré qu'il donnerait la priorité à la feuille de route française à l'avenir

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[John Keeble/Getty Images]

L’entreprise aérospatiale française Safran a annoncé mardi que le financement du programme franco-allemand de développement d’un moteur de chasseur serait suspendu à partir de septembre et qu’elle donnerait la priorité à la feuille de route française pour le développement d’un moteur de chasseur de nouvelle génération.

Un autre volet du programme Système de combat aérien du futur (SCAF) est donc sur le point de prendre fin.

Ce projet de 100 milliards d’euros visant à développer un système de combat aérien articulé autour d’un avion de chasse de nouvelle génération a pris fin début juin lorsque Berlin et Paris ont décidé de mettre fin à leur collaboration sur la question de l’avion de chasse.

Olivier Andriès, PDG de Safran, a déclaré que les financements du développement du moteur commun « vont s’interrompre à partir de septembre » et s’est interrogé sur le maintien des spécifications du moteur par les deux parties.

« Nous n’aurons pas les ressources engineering pour faire deux moteurs différents », a-t-il souligné lors d’une conférence téléphonique consacrée aux résultats financiers de l’entreprise.

Le programme d’avion de chasse était au point mort depuis un certain temps en raison de divergences importantes entre les deux principaux acteurs de l’aérospatiale, Dassault Aviation et Airbus Defence. De plus, les deux pays ont pris conscience que le fossé entre leurs deux conceptions nationales de ce à quoi devrait ressembler le futur avion de chasse est trop large pour être comblé.

Divisé en sept axes de développement, le projet SCAF devait initialement se poursuivre au moins au niveau des « systèmes de systèmes » – un « cloud de combat » destiné à relier les forces de combat pilotées et sans pilote dans les airs afin de créer une vue d’ensemble complète du champ de bataille.

Une réunion ministérielle franco-allemande mi-juillet n’a pas permis de clarifier la manière dont les éléments restants du SCAF seront poursuivis.

Les déclarations d’Andriès ont clairement indiqué qu’avec la scission du projet d’avion de chasse, la mise au point d’un moteur commun, actuellement en cours de développement dans le cadre d’une coentreprise avec la société allemande MTU, n’est pas non plus envisageable.

Le dirigeant a également souligné que Safran ne dispose de « ressources que pour développer un moteur d’avion de combat. »

« Et nous allons évidemment prioriser la feuille de route française. »

(at)