La politique polonaise fait des vagues à Bruxelles

Les luttes intestines au sein du PiS ont des répercussions au niveau de l'UE

/ EURACTIV.com
[Photo : Domenico Cippitelli/NurPhoto via Getty Images]

Mateusz Morawiecki, l’ancien Premier ministre polonais, a démissionné de son poste de président du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE).

Cette décision intervient après une rébellion menée contre son parti, Droit et Justice, dans son pays, ce qui est largement considéré comme une manœuvre stratégique visant à se positionner en vue des élections polonaises de l’année prochaine. Après la désignation par le chef du PiS, Jarosław Kaczyński, de Przemysław Czarnek comme candidat du parti au poste de Premier ministre, Morawiecki et une quarantaine de ses alliés ont refusé de signer un serment d’allégeance au parti.

Carlo Fidanza, député européen des Frères d’Italie, prendra automatiquement la présidence du parti jusqu’à ce qu’un successeur permanent soit trouvé. Selon des sources au sein du parti, ce changement ne devrait pas bouleverser l’équilibre des pouvoirs entre Italiens et Polonais, les activités quotidiennes du CRE étant déjà dirigées par le secrétaire général italien Antonio Giordano.

Le CRE, dirigé par le PiS et le parti Frères d’Italie de Giorgia Meloni, a publié mardi soir sur son site internet la lettre de démission de Morawiecki de son poste de président du parti.

« Le moment est désormais venu pour moi de me consacrer davantage aux défis auxquels est confrontée ma chère Pologne », a-t-il écrit. Morawiecki occupait ce poste essentiellement honorifique depuis janvier 2025, date à laquelle il avait remplacé Meloni.

Morawiecki a mené une scission au sein du PiS après avoir formé un groupe dissident interne appelé Développement Plus (Rozwój Plus), qui prône une position plus modérée face à la montée en puissance de l’extrême droite dans la politique polonaise. Il devrait prononcer vendredi un discours qui pourrait clarifier les prochaines étapes du groupe.

On ignore encore si Morawiecki et ses alliés ont été officiellement exclus du PiS, bien qu’il considère que leur départ soit déjà effectif de facto.

Le député européen Adam Bielan, qui dirige la délégation du PiS au Parlement européen, est pressenti comme candidat potentiel, tandis que son collègue Tobiasz Bocheński serait également en lice, selon des sources au sein du parti.

Le CRE est à deux doigts de rattraper les Patriotes, qui constituent actuellement le troisième groupe en importance au Parlement. La perte des trois députés européens proches de Morawiecki – Piotr Müller, Michał Dworczyk et Waldemar Buda – affaiblirait ses chances de dépasser le bloc de Jordan Bardella.

« Je pense qu’ils resteront », a déclaré à Rapporteur un membre éminent du CRE, soulignant les efforts déployés pour renforcer le groupe en vue des élections de mi-mandat du Parlement prévues en janvier prochain. « Je ne veux pas les perdre », a ajouté le député européen.

Pietro Guastamacchia a contribué à cet article

(cs)