L’Europe unie face à la Russie arrive divisée au Sommet UE-Ukraine
Si les Européens sont apparus unis dans la discussion avec Moscou, lundi 8 septembre, leurs divisions sont importantes quant à l’attitude à adopter avec l’Ukraine, qui souhaite un rapprochement avec l’UE, à la suite de la crise géorgienne. Seul un accord d’association devrait être proposé à ce pays lors du sommet qui s’ouvre à Paris.
Si les Européens sont apparus unis dans la discussion avec Moscou, lundi 8 septembre, leurs divisions sont importantes quant à l’attitude à adopter avec l’Ukraine, qui souhaite un rapprochement avec l’UE, à la suite de la crise géorgienne. Seul un accord d’association devrait être proposé à ce pays lors du sommet qui s’ouvre à Paris.
« Une fameuse discussion ». Tels ont été les mots utilisés par le président français, Nicolas Sarkozy, à l’issue de la rencontre entre autorités russes et représentants de l’UE, organisés lundi 8 septembre à Moscou. Côté européen, l’objectif de cette rencontre était de convaincre le président russe, Dimitri Medvedev, de respecter le cessez-le-feu mis au point le 12 août avec les Géorgiens.
Mission accomplie
Après une discussion plus longue que prévue, le président français, qui était accompagné du président de la Commission, José Manuel Barroso, et du Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana, est parvenu à faire signer au président russe un document juridique contraignant obligeant la Russie à se retirer de Géorgie.
D’ici une semaine, les postes d’observation placés sur l’axe Senaki-Poti devront être levés. Les troupes russes doivent également quitter le territoire géorgien, hors Ossétie du Sud et Abkhazie, sous un mois. Enfin, la Russie, contrairement aux réticences exprimées plus tôt dans l’après-midi par un porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, a accepté le déploiement de 200 observateurs européens en plus de ceux de l’ONU et de l’OSCE. « Nous verrons avec Javier Solana si on peut en déployer plus dans les semaines qui viennent,» a ajouté Nicolas Sarkozy.
L’UE et la Russie ont également fixé l’ouverture des négociations internationales pour régler le conflit avec les Géorgiens au 15 octobre, à Genève. La question de l’indépendance de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie pourrait cependant ne pas être abordée à cette occasion, les Russes n’ayant pas changé d’avis sur ce sujet.
Suspendues après le Sommet européen du 1er septembre, les négociations entre Russes et Européens sur le renouvellement d’un partenariat privilégié entre les deux puissances ont repris.
Divisions sur l’Ukraine
L’union des Européens sur ce dossier n’empêche pas leurs divisions sur une question connexe : l’intégration de l’Ukraine dans l’UE. Or ce pays, qui a rendez-vous avec les Européens aujourd’hui pour un Sommet UE-Ukraine, a demandé l’engagement le plus ferme possible en faveur de son intégration européenne pour contrer de possibles velléités russes sur les minorités russophones ukrainiennes.
Si la Pologne, la République tchèque, les Pays Baltes, le Royaume-Uni et la Suède soutiennent la volonté d’intégration à l’UE des Ukrainiens, l’Allemagne, l’Autriche et le Benelux n’y sont pas favorables et craignent que la proposition « d’accord d’association » n’ouvre la voie à l’adhésion automatique de ce pays à l’UE.
Les discussions autour de l’accord d’association, qui devrait être proposé mardi 9 septembre à l’Ukraine, s’annoncent tendues. La France aimerait voir cet accord signé en 2009.
Le projet devrait cependant être moins ambitieux que prévu. Deux questions font débat : la mention de l’identité européenne de l’Ukraine et les dispositions concernant les visas.
Dans une lettre adressée au Yalta European Strategy (un réseau européen favorable à l’entrée de l’Ukraine dans l’UE), le 11 juillet, Nicolas Sarkozy avait annoncé : « Avec ce nouvel accord, le rapprochement entre l’Union européenne et l’Ukraine se poursuivra en prenant en compte pleinement l’identité européenne et le choix européen de l’Ukraine. » Mais la mention de l’identité européenne de l’Ukraine ne devrait finalement pas être retenue pour ne pas ouvrir la voie à une possible candidature du pays. Les Européens devraient se contenter de prendre acte de la volonté exprimée par l’Ukraine d’adhérer un jour à l’Union, sans se prononcer sur la réponse qu’ils entendent y apporter.
L’Ukraine plaide également pour que l’accord des visas européens soit facilité. Mais le Portugal, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie se sont montrés réticents, refusant un dialogue trop précipité par crainte d’une augmentation des flux migratoires. L’accord d’association ne règlera donc pas cette question.