L'immigration légale, une solution à la crise de l'emploi? [FR]
Le Portugal, prochain pays à la présidence de l'UE, a déclaré qu'il favoriserait l'adoption d'une "démarche réaliste" en matière d'immigration légale, qui prendrait en compte l'inclusion sociale et les contrôles stricts aux frontières, afin de résoudre la crise imminente de l'emploi en Europe.
Le Portugal, prochain pays à la présidence de l’UE, a déclaré qu’il favoriserait l’adoption d’une « démarche réaliste » en matière d’immigration légale, qui prendrait en compte l’inclusion sociale et les contrôles stricts aux frontières, afin de résoudre la crise imminente de l’emploi en Europe.
Le secrétaire d’Etat portugais à l’emploi, Fernando Medina, a déclaré qu’il encouragerait toute « démarche réaliste » en matière d’immigration légale, lorsque son pays occupera la présidence de l’UE pour six mois à partir de juillet 2007.
A l’occasion de la Semaine annuelle de l’emploi se déroulant à Bruxelles, F. Medina a déclaré le 5 juin 2007 que l’UE devait examiner de près « la réalité des migrations économiques » sachant que des milliers d’immigrés africains se bousculent aux frontières de l’UE.
F. Medina a indiqué : « Il faut être réaliste et aborder la question de l’immigration illégale en relation avec l’immigration légale. Je parle de la réalité de la migration économique », précisant qu’elle représente l' »essentiel » de l’immigration.
Selon F. Medina, une telle politique devrait reposer sur quatre piliers :
- Une approche réaliste de la migration légale, mettant l’accent sur la migration économique. Le secrétaire d’Etat portugais a indiqué : « Essayer d’être trop restrictifs sur l’immigration légale ne constitue pas une approche réaliste ».
- Des politiques relatives à l’inclusion sociale, portant sur la « manière dont les personnes travaillent et vivent dans un pays » ainsi que sur leurs conditions de travail.
- Une politique efficace centrée sur les frontières afin de contrôler les afflux de migrants légaux et illégaux. « Il est inutile de disposer d’un système d’immigration stricte sans un système de contrôle aux frontières efficace ».
- Une politique de développement, comprenant la coopération avec les pays d’Afrique qui représente l’essentiel des migrations économiques vers l’Europe, un problème qui selon F. Medina « continuera évidemment à exister et à exercer une pression sur notre système ».
Lors d’une conférence, le commissaire européen à l’emploi, Vladimír Špidla, a annoncé de nouvelles initiatives visant à lutter contre le marché noir, précisant que c’était la meilleure manière de lutter contre le dumping social en Europe.
« Cet automne, nous lancerons une initiative contre le travail clandestin en général qui ne visera pas seulement les immigrés des pays tiers car le travail clandestin est en grande partie à l’origine du dumping social en Europe ».
Selon Vladimír Špidla, le travail au noir a représenté près de 15% de la totalité des emplois disponibles dans l’UE, un chiffre qu’il a qualifié « d’énorme ». Les immigrés sont ceux qui souffrent le plus des emplois sur le marché noir, a-t-il ajouté, déclarant que ces pratiques sont souvent proches de l' »esclavage ».
Répondant aux questions d’un journaliste, Vladimír Špidla a déclaré : « Je n’ai jamais vu des conditions règlementaires dans les Etats membres qui puissent être considérées comme du dumping social », soutenant que le travail au noir était en revanche « toujours » lié au dumping social.