L'Iran accepte de suspendre son programme nucléaire

En attendant la conclusion d'un accord définitif avec l'UE sur ce dossier, l'Iran vient d'accepter de suspendre la plupart de ses activités d'enrichissement d'uranium en échange d'une coopération accrue dans les domaines du commerce et de l'énergie.

En attendant la conclusion d’un accord définitif
avec l’UE sur ce dossier, l’Iran vient d’accepter
de suspendre la plupart de ses activités
d’enrichissement d’uranium en échange d’une
coopération accrue dans les domaines du commerce et de
l’énergie.

Au terme de trois ans de négociations avec la
« troïka » européenne (Allemagne,
France et Grande-Bretagne), l’Iran a accepté de
suspendre temporairement « quasiment
l’ensemble » de ses activités en lien
avec son programme d’enrichissement
d’uranium. Cette concession doit permettre à
Téhéran d’échapper à de possibles
sanctions économiques décrétées par
le Conseil de sécurité de l’ONU. L’UE
et les Etats-Unis soupçonnaient l’Iran de
chercher à se doter d’armes nucléaires sous
couvert d’un programme civil. Les autorités
iraniennes ont annoncé leur décision dans une
lettre officielle adressée à l’Agence
internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Si les inspecteurs de l’AIEA confirment le gel du
programme iranien, l’Agence devrait s’abstenir de
prononcer des sanctions à l’égard de
Téhéran lors de sa prochaine réunion,
fixée au 25 novembre. Washington semble cependant
nourrir de sérieux doutes sur les intentions
iraniennes, estimant que Téhéran cherche
surtout à gagner du temps pour mener à terme
son programme d’équipement en armes
nucléaires.

La « troïka » européenne s’est
engagée à négocier, sitôt reçue
la preuve que Téhéran respecte bien ses
engagements, la mise en oeuvre d’une série de
mesures d’assistance allant de l’octroi
d’avantages commerciaux au transfert de technologies
en matière de nucléaire civil. Ces
négociations devraient commencer à la
mi-décembre.

Dans le même temps, l’Iran a
réaffirmé que le traité de
non-prolifération nucléaire (dont
Téhéran est signataire) l’autorise à
poursuivre des programmes d’enrichissement
d’uranium à des fins pacifiques. « Nous
avons accepté cette suspension au titre d’un
geste volontaire, mais ceci ne crée aucune
obligation pour nous », a déclaré un haut
responsable iranien cité par 
Reuters

.

Le programme d’enrichissement d’uranium
mené par Téhéran vise à transformer
de l’uranium pur en tétrafluoride, un
matériau fissile entrant dans la composition
des têtes nucléaires.