L'UE doit faciliter l'accès des PME au financement
La Commission européenne devrait à nouveau se concentrer sur des mesures visant à fournir un soutien et un financement aux petites et moyennes entreprises (PME), qui sont considérées comme la plus importante source de croissance pour l'emploi dans l'Union.
La Commission européenne devrait à nouveau se concentrer sur des mesures visant à fournir un soutien et un financement aux petites et moyennes entreprises (PME), qui sont considérées comme la plus importante source de croissance pour l'emploi dans l'Union.
Le secteur des PME devrait être reconnu comme « la seule source de création potentielle d'emplois dans l'UE », a déclaré Xavier Rolet, PDG de London Stock Exchange Group qui détient également Borsa Italiana à Milan.
M. Rolet était à Bruxelles mardi (15 mars) pour participer à une réunion de haut niveau sur le financement des PME. Cette réunion était accueillie par Antonio Tajani, le vice-président de la Commission européenne en charge de l'industrie et de l'entreprenariat.
Le Français a présenté une série de recommandations au vice-président Tajani et aux membres du Forum du financement des PME qui était composé par l'exécutif de l'UE l'année dernière avec la tâche de formuler des propositions politiques spécifiques.
Devant les journalistes, M. Rolet a souligné le fait que l'accès aux capitaux était « le défi numéro un » auquel sont confrontées les petites et moyennes entreprises dans l'UE.
Crédit d'impôt à l'investissement paneuropéen
Le chef de la bourse de Londres (LSE) demande un « crédit d'impôt à l'investissement paneuropéen » qui encouragerait les grandes entreprises à investir une plus grande part de leur capital dans les start-ups, l'innovation et les nouvelles technologies.
M. Rolet plaide également pour la création d'un « indice boursier spécifique pour les PME qui opèrent au niveau européen ». Le London Stock Exchange Group gère déjà des marchés qui sont dédiés aux PME, à savoir AIM et AIM Italia.
« Nous sommes face à une crise profonde aujourd'hui », a déclaré M. Rolet, ancien cadre dirigeant de la banque d'investissement Lehman Brothers de 2000 à 2008.
« Notre incapacité à gérer convenablement l'effet de levier a provoqué la crise financière qui affecte gravement la capacité des entreprises à investir », a-t-il ajouté.
Faisant référence à la nécessité d’avoir davantage d’ « emplois bien rémunérés tournés vers l'innovation », M. Rolet a déclaré que le secteur public ne créerait pas d'emplois au cours des prochaines années.
« Les gouvernements se débarrassent de leurs dettes et doivent vraiment réduire leurs dépenses publiques partout dans l'UE », a dit M. Rolet qui a débuté sa carrière chez Goldman Sachs.
Dans le même temps, on ne peut pas non plus compter sur les grandes entreprises établies depuis longtemps pour créer des emplois car même quand les bénéfices s'accroissent, elles tentent à tout prix de réduire les coûts, a expliqué M. Rolet.
« Cela implique qu'on se tourne vers le secteur des PME, pas seulement en tant que segment important de la création d'emplois, mais en fait en tant que seule source de création potentielle d'emplois dans l'UE », a-t-il déclaré.
Faisant remarquer qu'il y a 23 millions de PME dans l'Union européenne, M. Rolet a expliqué que si chacune de ces entreprises pouvait être aidée pour créer ne fut-ce qu'un emploi, le problème du chômage serait résolu.
M. Tajani: « Bon mariage » entre les banques et les PME
Le vice-président de la Commission, M. Tajani, a dit aux journalistes qu'il voulait mettre l'économie réelle au centre de la politique économique de l'UE.
« Mon objectif est d'aboutir à un bon mariage entre le financement, les banques, les services, les entreprises et les PME », a-t-il insisté, ajoutant que l'accès au crédit et aux ressources financières était au cœur de la révision du Small Business Act (SBA) adoptée le mois dernier.
Le rôle du Forum du financement des PME, qui s'est réunion pour la seconde fois à Bruxelles cette semaine, est de rassembler les dirigeants des organisations bancaires et commerciales pour développer des propositions vouées à améliorer l'accès au crédit et aux ressources financières pour les PME.
« Nous travaillons dans trois domaines principaux : les relations entre les PME et les banques, le capital-risque et l'accès aux marchés des capitaux », a déclaré M. Tajani, soulignant le besoin pour les banques d'accéder aux instruments financiers de l'Union européenne, comme la Banque européenne d'investissement (BEI).
Le vice-président a mentionné plus tôt cette semaine qu'il y avait eu une réunion entre la BEI et la Banque coopérative.
« Parfois, il n'est pas question de nouvelles règles », a-t-il dit, « il s'agit juste de sortir de problèmes bureaucratiques, et de le faire rapidement ».
Sur le capital-risque, M. Tajani travaille en étroite collaboration avec Michel Barnier, le commissaire en charge du marché intérieur et des services, pour trouver des moyens de permettre aux fonds de capital-risque d'investir dans l'UE.
En ce qui concerne l'accès au crédit, M. Tajani a déclaré que l'envoyé de la Commission européenne pour les PME, Daniel Calleja Crespo, coordonerait les divers efforts pour améliorer la disponibilité des prêts en collaboration avec « M. ou Mme PME » au niveau national dans chaque Etat membre.
Le commissaire a promis que le Forum du financement des PME discuterait de « propositions concrètes » lors de sa prochaine réunion. Des propositions sur un plan d'action de l'UE voué à améliorer l'accès des PME aux financements devraient être publiées d'ici la fin de l'année.
L'entreprenariat stimule l'innovation
Les demandes pour que davantage d'attention soit accordée aux entreprises et pour plus de soutien des PME a été relayée lors d'un séminaire de haut niveau sur la stratégie Europe 2020 qui a également eu lieu à Bruxelles cette semaine (15 mars) sur l'initiative du Lisbon Council, un groupe de réflexion basé dans la capitale belge.
Un des contributeurs du Plan d'action pour l'Europe 2020, Martin Schuurmans, président de l'Institut européen d'innovation et de technologie (EIT), explique que l'entreprenariat est vital pour l'innovation et pourrait être encore plus important que la recherche scientifique pour mener au genre d'innovation qui suscitera une croissance économique et la création d'emplois.
« L'innovation aujourd'hui n'est plus suscitée que par la recherche ou la science », a déclaré M. Schuurmans. « Elle est orientée vers l'utilisateur, la chaîne d'approvisionnement, le design, voire les coûts. Il peut s'agir d'une innovation sociale ou orientée vers la communauté. Donc il y a différentes sortes d'innovation », a-t-il déclaré.
Le président de l'EIT s'est plaint que l'Europe manquait du style de culture d'entreprise qui existe aux Etats-Unis et de plus en plus en Chine et ailleurs dans le monde.
« Nous préférons de loin le salariat au patronat ou à l'entreprenariat en Europe car c'est beaucoup plus sûr. Nous n'aimons vraiment pas prendre de risques », a-t-il dit, soulignant le rôle de l'éducation pour aboutir à une culture plus entrepreneuriale.
Selon M. Schuurmans, les PME européennes trouvent qu'il est très difficile de croître et d'élargir leurs activités, en partie parce que le marché unique n'a pas encore franchi toutes les barrières juridiques et linguistiques qui empêchent les sociétés d'opérer au-delà des frontières.
M. Schuurmans a insisté sur le fait que l'Union européenne devrait mettre l'entreprenariat au cœur de tout ce qu'elle faisait. Par exemple, l'« Union pour l'innovation » devrait mettre davantage l'accent sur les entreprises et moins sur la recherche scientifique.
« Il est grand temps que nous réalisions qu'en s'occupant en premier lieu de la recherche et en mettant la plus grande partie de l'argent et de nos œufs dans ce panier, nous passons à côté de beaucoup d'autres opportunités », a-t-il ajouté.
Le Néerlandais a demandé à l'UE de réorienter la recherche et le développement (R&D) de manière à prendre en compte tous les facteurs qui interviennent dans l'innovation, tels que la prise de risque et la créativité. Il a dit que cela « libérerait de l'argent pour l'entreprenariat ».
Le président de l'EIT a affirmé que les programmes européens, y compris les programmes de recherche, devraient être plus simples et plus flexibles, avec moins de règles et de contrôles, pour que les PME puissent avoir accès plus facilement aux fonds européens.
Dans le même temps, une étude publiée cette semaine (15 mars) par l'UEAPME, l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises, a révélé que la confiance des entreprises était en hausse même si les résultats diffèrent grandement d'un pays à l'autre.