L'UE doit faire plus pour les chômeurs de moins de 30 ans, selon les eurodéputés
Préoccupés par l'étendue de la crise, qui n'épargne pas les jeunes diplômés, les élus ne veulent pas limiter les dispositifs européens aux jeunes de moins de 25 ans. Mais cet élargissement se ferait à budget constant.
Préoccupés par l’étendue de la crise, qui n’épargne pas les jeunes diplômés, les élus ne veulent pas limiter les dispositifs européens aux jeunes de moins de 25 ans. Mais cet élargissement se ferait à budget constant.
Le nombre de sans-emploi poursuit inexorablement son ascension en Europe, notamment en Espagne, où le seuil historique de 27,1% vient d’être franchi. Particulièrement vulnérables, les jeunes sont la cible principale des nouveaux dispositifs anti-chômage, à l’échelle des Etats comme de l’UE. Le sentiment d’urgence fait naître un dilemme : faut-il concentrer tous les moyens sur les jeunes peu qualifiés quitte à moins accompagner les jeunes diplômés ?
Ce débat, qui entoure les emplois d’avenir en France, résonne aussi au plan européen. Chargés des travaux législatifs sur le Fonds social européen, les eurodéputés de la Commission Emploi optent pour une vision plus large de la « garantie jeunesse ».
Lors d’un vote le 23 avril, les élus ont estimé que les jeunes de 25 à 30 ans devaient également bénéficier d’un accompagnement renforcé. « C’est un signal politique envoyé aux Etats, relève la rapporteure du texte Elizabeth Morin-Chartier (UMP/PPE). De jeunes diplômés bien formés ont beaucoup de mal à s’insérer sur le marché de l’emploi ». Un fléau qui accable l’Espagne, où le nombre de chômeurs diplômés de moins de 30 ans a bondi de 9% en 2007 à 24,5% en 2011.
Carte des territoires
Adoptée en février dernier, la garantie pour les jeunes déclenche une nouvelle obligation pour les services publics de l’emploi, sommés d’être plus réactifs. Un jeune ne pourra ainsi rester plus de 4 mois sans se voir proposé un emploi, un stage ou une formation. L’expérience est d’ores et déjà soutenue à petite échelle, mais le dispositif devrait monter en puissance à partir de 2014, avec un financement prévu de 6 milliards d’euros sur 7 ans.
L’élargissement potentiel aux jeunes de plus de 25 ans n’entraînerait aucune augmentation de ce budget, tourné vers le financement de formations ou d’emplois défiscalisés réservés aux jeunes. Autant dire que l’équation financière est difficile à tenir…
Plusieurs critères restreignent les territoires éligibles : la Commission prévoit d’octroyer les aides aux régions dont le taux de chômage des 15-24 ans en 2012 atteint 25% (voir tableau pour les chiffres français disponibles en 2011). En France métropolitaine, la Champagne-Ardenne (26,7%), le Languedoc-Roussillon (30,1%), l’Aquitaine (25,2%) et le Nord-Pas-de-Calais (31%) seraient concernés.
De leur côté, les élus européens préfèreraient inclure les régions où le chômage des moins de 30 ans est de 20% ou plus. Ce qui transformerait mécaniquement la carte des territoires éligibles. En France métropolitaine, le taux de chômage des 15-29 ans est moins élevé que celui des 15-24 ans (17,2% contre 23%).
Données Eurostat sur le taux de chômage par région des 15-24 ans, extraites le 25.04.2013
