L’UE reporte la visite du président ukrainien
Les dirigeants européens préfèrent attendre que les conditions soient "plus propices" avant de reprendre les discussions sur les relations bilatérales entre l’Ukraine et l’UE. Il y a une semaine, l’ancienne première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko a été condamnée.
Les dirigeants européens préfèrent attendre que les conditions soient « plus propices » avant de reprendre les discussions sur les relations bilatérales entre l’Ukraine et l’UE. Il y a une semaine, l’ancienne première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko a été condamnée.
« Ma réunion avec le président Ianoukovitch (prévue pour le 20 octobre) a été repoussée à une date ultérieure, quand les conditions seront plus favorables pour faire des progrès sur les relations bilatérales », a annoncé M. Van Rompuy sur Twitter ce matin à 11h.
La décision, initialement annoncée sur Twitter par Herman Van Rompuy, n’a rien de surprenant. Dans leurs agendas respectifs, ni le président du Conseil ni le président de la Commission, José Manuel Barroso, n’avaient mentionné cette visite vendredi dernier.
La rencontre avec Viktor Ianoukovitch s’annonçait comme un événement clé en vue de la conclusion d’un accord d’association assorti d’un accord de libre-échange entre l’UE et l’Ukraine, qui était prévu d’ici la fin de l’année.
Karolina Kottova, une porte-parole de la Commission, a précisé que des coups de téléphone avaient été échangés depuis la condamnation de Mme Timochenko (11 octobre) à sept ans de prison pour abus de pouvoir lors des négociations d’un accord gazier avec la Russie en 2009, lorsqu’elle était première ministre.
Selon la presse locale, les tensions liées à la condamnation de Mme Timochenko pourraient s’apaiser si le gouvernement ukrainien adoptait une nouvelle loi qui permettrait de dépénaliser les charges retenues contre elle.
Cependant, la situation de Mme Timochenko s’est en fait aggravée suite à de nouvelles inculpations récemment déposées à son encontre. La décision s’inscrit dans un contexte plus large lié à des inquiétudes sur le respect de l’État de droit en Ukraine.
Bruxelles serait préoccupée par le projet de Kiev d’introduire une nouvelle loi sur les élections, en amont du scrutin législatif prévu en 2012. D’après certaines sources, la volonté de la population ukrainienne d’attendre les conclusions de la commission de Venise, l’organe du Conseil de l’Europe en charge de l’évaluation de ce type de législation, a été négligée.
Selon Bloomberg, M. Ianoukovitch aurait déclaré que le mécontentement de l’UE à propos de l’emprisonnement de l’ancienne première ministre ukrainienne ne déboucherait pas sur sa libération.
« La question n’est pas de savoir qui, en Ukraine ou en Europe, approuve le verdict ou pas », aurait affirmé M. Ianoukovitch. « Il s’agit en fait de la primauté du droit : c’est le tribunal qui décide. Quelles que soient les décisions du tribunal, elles doivent être respectées ».
Aujourd’hui, M. Ianoukovitch a reçu le président russe, Dmitri Medvedev, à Donetsk, dans le cadre de discussions sur les prix du gaz. Selon des sources ukrainiennes, la Russie pourrait décider de baisser considérablement les prix du gaz vendu à l’Ukraine en échange d’un certain contrôle sur son réseau de gazoducs.
La Russie souhaite également inclure l’Ukraine dans une union douanière qui réunit également le Bélarus et le Kazakhstan. Jusqu’à présent, l’Ukraine a résisté aux pressions et déclaré qu’elle n’accepterait que les formes d’union avec la Russie compatibles avec sa demande d’intégration dans l’UE. Interrogée par EURACTIV, la Commission n’a pas souhaité faire de commentaires sur les conséquences du geste européen sur les relations entre l’Ukraine et la Russie.