L’UE se voit offrir un plan pour commercialiser le captage du carbone [FR]

Un programme  européen de démonstration visant à avancer de dix ans le déploiement à large échelle du captage et du stockage du carbone (CSC) a été dévoilé le 10 novembre par une plateforme plurilatérale d’industries, de scientifiques et d’ONG unis en faveur de cette technologie.

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Un programme  européen de démonstration visant à avancer de dix ans le déploiement à large échelle du captage et du stockage du carbone (CSC) a été dévoilé le 10 novembre par une plateforme plurilatérale d’industries, de scientifiques et d’ONG unis en faveur de cette technologie.

Au total, 10 à 12 projets de démonstrations utilisant diverses technologies devront être mis en place d’ici 2015 pour sécuriser le captage et le stockage du carbone (CSC) et faire en sorte qu’il soit commercialisable d’ici 2020. C’est ce qu’indique un rapport de la European Technology Platform for Zero Emission Fossil Fuel Power Plants (ZEP).

La ZEP a identifié les éléments qui nécessitent un test en cas de commercialisation du CSC, fixant le portefeuille optimal des projets de démonstration avec une couverture à l’échelle européenne de toute la gamme des technologies CSC et des ressources énergétiques, géographiques et géologiques. La plateforme a conclu que huit des projets annoncés actuellement devraient répondre à la plupart des critères. De deux à quatre projets doivent toujours résoudre les inconnues restantes. 

La ZEP a également indiqué que l’UE ne dispose toujours pas du mécanisme d’incitation nécessaire pour garantir la construction et la mise en route des centrales d’ici 2015. Il faudrait selon elle 7 à 12 milliards d’euros de plus pour couvrir les coûts supplémentaires liés aux installations de CSC et à l’efficacité moins importante des centrales. 

Le rapport traduit la volonté de l’industrie d’assumer une grande part des coûts et des risques, estimant que la contribution de l’industrie devrait être déterminée par un processus rigoureux d’appel d’offre. La ZEP affirme toutefois que les risques sont trop élevés pour être entièrement légitimes pour les actionnaires. Elle appelle dès lors à employer en outre des mécanismes de financement nationaux et européens. 

Le travail est sans précédent en ce qui concerne son objectif, a indiqué le docteur Graeme Sweeney, président de la ZEP et vice-président exécutif responsable des carburants du futur et du CO2 chez Shell, lors du lancement de la proposition. M. Sweeney a ajouté que le programme permettrait de réduire les risques commerciaux et d’augmenter les connaissances du public, ce qui est selon lui crucial étant donné que la technologie CSC n’évoluera pas sans l’acceptation du public. 

Les affirmations selon lesquelles une entreprise ou un pays peut assumer tout seul les risques ne tiennent pas la route, a indiqué le docteur Sweeney, déclarant que les partenariats public-privé sont la seule option raisonnable. 

La proposition de la ZEP pourrait satisfaire la demande du Conseil européen de mettre sur pied jusqu’à 12 centrales de démonstration de CSC à large échelle qui fonctionneraient en 2015. Elle reflète en outre les critères de sélection pour de tels projets de programmes. 

Le docteur Sweeney  a indiqué à EURACTIV que la ZEP dialogue régulièrement avec les institutions européennes, travaillant main dans la main avec l’eurodéputé Chris Davies sur sa proposition de cadre juridique pour le CSC. La ZEP espère que son programme figurera au titre d’initiative industrielle européenne dans le cadre du plan stratégique européen pour les technologies énergétiques (plan SET). « Nous sommes sûrs qu’il y a assez d’élan », a affirmé le docteur Sweeney. 

En effet, Andris Piebalgs, le commissaire européen de l’Energie, a salué la proposition, louant les efforts de la ZEP d’aider la Commission pour avancer dans un programme industriel. Il a demandé un soutien continu à la plateforme.