La BCE baisse son taux d’intérêt

Le nouveau président de la BCE, Mario Draghi, a créé la surprise en abaissant le taux directeur à 1,25%. Une décision qui se justifie notamment par des prévisions de croissance moroses.

EURACTIV.fr

Le nouveau président de la BCE, Mario Draghi, a créé la surprise en abaissant le taux directeur à 1,25%. Une décision qui se justifie notamment par des prévisions de croissance moroses.

Deux jours après son arrivée à la tête de la Banque centrale européenne, jeudi 3 novembre, Mario Draghi a abaissé le taux directeur de 1,5% à 1,25%. Le message est clair : les mauvaises perspectives de croissance sont plus inquiétantes que les risques sur l’inflation. 

Une décision que la plupart des experts n’attendait pas avant décembre et qui a été très bien accueillie par les Bourses européennes. A Paris, peu après l’annonce de la BCE, le CAC 40 gagnait 2,8%.

Contexte « morose »

Le taux d’inflation annuel a été de 3,0% en octobre, soit bien au-dessus de la cible de moyen terme que s’est fixée la BCE. 

« L’inflation reste élevée et elle le restera probablement pendant les prochains mois, mais elle devrait diminuer sur le moyen terme et se stabiliser autour ou en dessous de 2%, courant 2012 », a déclaré M. Draghi en conférence de presse.

Le président de la BCE a justifié sa décision d’abaisser le taux d’intérêt sur la base de perspectives de croissance inquiétantes, évoquant le risque d’une « récession modérée ». « Une révision à la baisse des prévisions et des projections pour la croissance moyenne du PIB en 2012 est très probable », a-t-il ajouté.

Changement de cap

Cette décision marque un changement de cap de la part de la BCE, qui avait été la première banque centrale à augmenter ses taux, après la crise financière, en avril puis en juillet. 

Mario Draghi, qui sera présent ce soir au G20 en sa qualité de président du Conseil de stabilité financière, a également appelé tous les gouvernements européens à honorer leurs engagements, pris lors du sommet européen du 27 octobre. 

Interrogé sur l’éventualité d’une sortie de la Grèce de la zone euro, il s’est contenté de répondre que «cela n’était pas prévu dans les traités ».