La Belgique, premier pays de l’UE à interdire la Burqa
La Belgique a fait un pas supplémentaire pour devenir le premier pays européen à proscrire le port du voile islamique qui cache entièrement le visage de la femme. L’interdiction pourrait entrer en vigueur cet été si la loi passée le 29 avril est confirmée par le Sénat.
La Belgique a fait un pas supplémentaire pour devenir le premier pays européen à proscrire le port du voile islamique qui cache entièrement le visage de la femme. L’interdiction pourrait entrer en vigueur cet été si la loi passée le 29 avril est confirmée par le Sénat.
Le projet de loi a été approuvé par la chambre basse du Parlement et a reçu le soutien de tous les principaux partis politiques des deux côtés de la frontière linguistique du pays.
Le vote s’est révélé être une rare démonstration d’unité dans ce pays divisé, dont le premier ministre a démissionné il y a quelques jours. 136 des 138 députés présents ont voté l’interdiction du voile.
L’interdiction s’appliquera aux vêtements qui cachent entièrement le visage d’une personne et concernera tous les espaces publics, c’est-à-dire non seulement les écoles et les administrations publiques mais aussi les parcs et les chaussées.
Les sanctions pour le port de tels voiles en public varieront d’une amende de 150 euros pour une femme vue en train de porter le voile à 15 000 euros et jusqu’à un an de prison pour ceux qui forcent une femme à le porter.
D’après ses partisans, la loi vise à promouvoir les droits des femmes et à empêcher une division entre la communauté musulmane et le reste de la société belge.
Cependant, la plupart des musulmans belges considèrent cette mesure comme discriminatoire et ont le sentiment que toute la communauté est stigmatisée, et pas seulement le tout petit nombre de femmes qui portent la burqa.
Les critiques soutiennent que cette mesure pourrait violer le droit de l’UE sur la liberté d’expression et affirment que la loi pourrait faire l’objet d’un recours devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme.
Vote du Sénat
Le vote du Sénat est considéré comme une simple formalité, mais la Belgique n’aura bientôt plus de Parlement, les deux chambres de l’assemblée devant être dissoutes la semaine prochaine.
D’autres critiques s’inquiètent de voir l’initiative d’interdiction de la burqa en Belgique faire partie d’une tendance plus générale illustrant un sentiment anti-musulman à travers l’Europe.
En France, le président Nicolas Sarkozy a dit qu’il mettrait en place l’interdiction de la burqa, qui pourrait entrer en vigueur cet été. En Suisse, les électeurs ont récemment soutenu une interdiction visant les minarets. D’autres pays comme les Pays-Bas, le Danemark et la Pologne ont vu leurs partis anti-musulmans recevoir un soutien croissant ces dernières années.
POSITIONS:
Amnesty International a critiqué l’interdiction de la burqa en Belgique, rapporte l’Agence Belga.
Une interdiction totale du voile qui couvre le visage violerait les droits et la liberté d’expression, et de religion, pour les femmes qui portent la burqa et le niqab, a affirmé John Dalhuisen, un expert de l’organisation, selon les citations de l’agence.
La décision belge d’interdire le voile intégral pour la première fois en Europe établit un précédent dangereux.
Dans une enquête menée dans 14 pays de l’UE par le département des études sociales et de l’opinion publique de la banque espagnole BBVA, seulement 26,4 % des personnes interrogées ont dit qu’ils n’étaient pas contre le fait de voir des voiles islamiques dans les bâtiments publics, alors que 52,6 % étaient contre.
Les pays qui ont les plus grandes majorités de personnes opposées au voile sont la Bulgarie (84,3 %), la France (68,7 %) et l’Allemagne (66,3 %).
Les degrés les plus forts hauts d’acceptation du voile se situent au Danemark (56,6 %), en Suède (46,5 %) et en Pologne (40,8 %).