La classe politique française se rallie à Macron contre le FN
Droite et gauche ont massivement appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. Le projet antieuropéen de la candidate d’extrême droite est largement pointé du doigt.
Droite et gauche ont massivement appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. Le projet antieuropéen de la candidate d’extrême droite est largement pointé du doigt.
Arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, le candidat d’En Marche a rapidement bénéficié du ralliement d’une large partie de la classe politique française, de droite comme de gauche, dès l’annonce des premiers résultats.
Selon les estimations de plusieurs instituts de sondage, Emmanuel Macron obtiendrait entre 23% et 24%, tandis que la candidate du Front national, Marine Le Pen aurait recueilli entre 21,6% et 23%.
Le candidat « Les Républicains », François Fillon a enregistré entre 19% et 20,3%, talonné par Jean-Luc Mélenchon, qui recueille entre 19% et 20%. Le candidat socialiste, Benoît Hamon est arrivé loin du quatuor de tête avec un score compris entre 6,1% et 6,8%. Seul autre candidat à passer la barre des 5%, qui conditionne le remboursement des frais de campagne, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui a laissé la porte ouverte à un ralliement à Marine Le Pen pour le second tour.
Ralliements
Dans la foulée de l’annonce de ces résultats préliminaires, nombre d’hommes et de femmes politiques de tous bords politiques ont annoncé leur intention de rallier Emmanuel Macron au deuxième tour de l’élection, qui se tiendra le 7 mai prochain, dont Benoît Hamon et François Fillon.
Et ont appelé les électeurs français à en faire de même. « Il incombe maintenant à Emmanuel Macron de réussir le large rassemblement des Français et des Françaises », a déclaré le candidat malheureux à la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé, attendant notamment du candidat d’En Marche qu’il « restaure le crédit de la France sur la scène européenne et mondiale ».
À droite, les mises en garde contre le projet antieuropéen de Marine Le Pen se sont multipliées, notamment en raison de ses répercussions économiques. « L’élection de Marine Le Pen aboutira à un chaos économique, notamment avec la sortie de l’euro » a prévenu Laurent Wauquiez sur TF1. L’ancien ministre chargé des Affaires européennes de Nicolas Sarkozy n’a cependant pas appelé à voter pour Emmanuel Macron, mais à « faire barrage » contre la candidate frontiste.
Pour l’eurodéputé « Les Républicains », Philippe Juvin, la question du second tour sera donc résumée en grande partie à un choix pour ou contre l’Europe.
C'est une défaite sans appel. Pour le 2nd tour le seul débat est : pour ou contre la France dans l'#UE. Je vote donc pour @EmmanuelMacron
— 🇫🇷 🇪🇺 Pr Philippe Juvin MD PhD (@philippejuvin) April 23, 2017
Référendum sur l’Europe?
Une analyse qui semble partagée par le Front national lui-même. Après l’annonce des résultats, le vice-président du Front national, Florian Philippot a déclaré sur TF1, que le second tour de l’élection, se résumerait à un choix : « est-ce que c’est la France, ou l’Union européenne ».
Le candidat de la droite et du centre a de son côté rapidement réagi à son élimination – une première dans l’histoire de la Vème république pour son parti – affirmant que cette défaite était la sienne. François Fillon a cependant appelé ses soutiens à voter pour Emmanuel Macron au second tour, mettant notamment en garde contre « le chaos européen d’une sortie de l’euro » proposé par Marine Le Pen.
L’ancien commissaire européen, Michel Barnier, en charge des négociations du Brexit pour la Commission européenne, a également réagi rapidement sur Twitter, affirmant que la France devait « rester européenne ». Un appel sans ambiguïté à ne pas suivre le chemin du Royaume-Uni, qui a entamé les négociations de sortie de l’UE avec Bruxelles.
Patriote et européen, je ferai confiance le 7 mai à Emmanuel Macron. La France doit rester européenne !
— Michel Barnier (@MichelBarnier) April 23, 2017
Du côté des socialistes, le Président François Hollande a appelé Emmanuel Macron rapidement après l’annonce des résultats préliminaires, mais n’a pas pris la parole dans les médias pour donner de consigne de vote. En revanche, au sein de son gouvernement, les ralliements à l’ancien ministre de l’Économie se sont enchaînés dans la soirée.
La gauche derrière Macron
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a appelé à voter pour Macron, évoquant un « choix clair […] pour la France, la République, l’Europe ». Pour le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Harlem Désir, le rassemblement du second tour doit également se faire au nom des « valeurs européennes ». Pour Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques, le candidat d’En Marche représente maintenant « les démocrates et pro- européens ».
Un choix clair : toute la gauche, tous les républicains doivent se mobiliser pour voter E.Macron, pour la France, la République, l'Europe
— Jean-Marc Ayrault (@jeanmarcayrault) April 23, 2017
J'appelle à un vote franc et massif pour @EmmanuelMacron au 2nd tour, pour la République, pour nos valeurs, pour l'Europe. #MacronPresident
— Harlem Désir (@harlemdesir) April 23, 2017
@EmmanuelMacron porte désormais les couleurs de tous les démocrates et pro- européens. Aucune voix ne doit lui manquer. Il aura la mienne
— Pierre Moscovici (@pierremoscovici) April 23, 2017
Chez les écologistes, qui avaient rallié la candidature de Benoît Hamon pendant la campagne, le constat ne diffère pas de celui des socialistes. Pour l’eurodéputée écologiste Karima Delli,le vote Macron au second tour sera un vote en faveur d’une « France ouverte sur l’Europe et le monde, tandis que Michèle Rivasi, également eurodéputée, appelle à « une Europe plus sociale ».
Face au repli sur soi que porte Le Pen, pour une France ouverte sur l'Europe & le monde, je voterai évidemment Emmanuel Macron au 2nd tour
— Karima Delli (@KarimaDelli) April 23, 2017
#Presidentielle2017 @EmmanuelMacron doit maintenant rassembler pour une République ouverte, solidaire, écologique & une Europe plus sociale.
— Michèle Rivasi 🌍 (@MicheleRivasi) April 23, 2017
En revanche, au sein de la droite, certains courants semblent hésiter à soutenir le candidat d’En Marche. Ainsi, Sens commun, issu de la Manif pour tous, une branche très à droite et anti mariage pour tous des Républicains, n’a pas appelé à voter Macron après avoir mené une campagne violente contre le candidat.
De même à l’extrême-gauche, Jean-Luc Mélenchon visiblement très déçu à appelé ses électeurs à vote en conscience, et s’est refusé de se prononcer pour qui que ce soit.