La Commission fixe le sort de Galileo
Face à la lenteur des industriels à mettre en œuvre le projet européen de navigation par satellite Galileo, la Commission européenne devrait annoncer aujourd’hui une remise à plat du programme. Un financement entièrement public devrait succéder au partenariat public-privé prévu à l’origine.
Face à la lenteur des industriels à mettre en œuvre le projet européen de navigation par satellite Galileo, la Commission européenne devrait annoncer aujourd’hui une remise à plat du programme. Un financement entièrement public devrait succéder au partenariat public-privé prévu à l’origine.
En bref :
Pour concurrencer le système de navigation et de repérage américain GPS, l’Union européenne a lancé en 2000 le projet Galileo, qui prévoyait la mise sur orbite de 30 satellites autour de la terre d’ici 2008. Aujourd’hui, seuls quatre satellites sont en orbite et l’on parle désormais de 2012 pour les 26 restants.
Le financement du projet (construction et lancement) devait être assuré par un consortium public et privé réunissant l’Union européenne et huit industriels (le géant de l’aérospatiale EADS, les français Thales et Alcatel-Lucent, le britannique Inmarsat, l’italien Finmeccanica, les espagnols AENA et Hispasat et le duo allemand Deutsche Telekom – Centre aérospatial allemand). Le projet devait être financé par l’UE à hauteur de 30%, le reste par les industriels. L’importance des investissements nécessaires et la volonté de chaque pays de s’accaparer le projet lui ont fait prendre au moins quatre ans de retard.
Encouragée par la présidence allemande de l’UE, la Commission européenne a donc décidé d’agir pour faire avancer le dossier. A la date du 10 mai 2007, fixée par le commissaire européen aux Transports, Jacques Barrot, les industriels n’avaient toujours pas pris les engagements commerciaux et financiers nécessaires pour signer la concession. La semaine dernière, les huit entreprises européennes ont demandé à la Commission de prolonger cet ultimatum. Elles ont également sollicité une garantie publique sur leur dette.
« Le scénario actuel ne pourra pas fonctionner » a estimé le 7 mai le porte-parole du commissaire européen au transport, Michele Cercone. Pour sortir du blocage, la Commission européenne devrait proposer aujourd’hui un financement intégral du projet par l’UE. « Aucun projet comme Galileo n’a jamais été financé avec de l’argent privé. Il n’est donc pas étonnant que les autorités publiques se chargent de construire la totalité de l’infrastructure » a déclaré Michele Cercone. La présidence allemande serait favorable à cette solution.
Quelques questions restent malgré tout en suspens :
- Comment l’UE va-t-elle financer les 2,5 milliards d’euros supplémentaires que nécessitent ce nouveau concept ? Va-t-elle puiser dans ses réserves budgétaires disponibles ou s’adresser directement aux États membres par le biais de l’Agence Spatiale Européenne (ESA).
- Le financement de Galileo étant désormais public, la construction des satellites nécessitera une mise en concurrence des industriels. Comment les pouvoirs vont-ils être répartis entre les sociétés jusqu’à présent parties prenantes dans le projet ?
- « Le nouveau concept doit respecter les investissements faits par les États membres » a précisé la présidence allemande. Toulouse restera-t-elle la ville du siège de Galileo ? Les Allemands conserveront-ils leur centre de contrôle ?