La Commission peine à convaincre sur le chômage des jeunes

Les acteurs du monde du travail émettent des réserves sur les propositions de la Commission européenne, jugées peu ambitieuses et trop peu concrètes.

EURACTIV.fr
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Les acteurs du monde du travail émettent des réserves sur les propositions de la Commission européenne, jugées peu ambitieuses et trop peu concrètes.

Au Parlement européen, les participants au débat organisé par la commission des Affaires sociales et de l’emploi sont restés réservés sur les propositions de Commission.

En décembre 2011, l’exécutif européen a lancé une série de mesures d’urgence  à travers « l’Initiative sur les perspectives d’emploi des jeunes ». Des experts ont été dépêchés dans les huit pays les plus touchés par le phénomène (la Slovaquie, le Portugal, l’Irlande, l’Italie, la Lituanie, la Lettonie, l’Espagne et la Grèce).

Une autre utilisation des fonds

Cette mesure vise principalement à aider les gouvernements à orienter les fonds structurels européens (FSE, FEDER) vers des investissements favorisant l’emploi des jeunes.

Les députés ont accueilli cette initiative sans enthousiasme. Alejandro Cercas (S&D, Espagne) a réclamé plus de transparence dans le dialogue engagé avec les pays où les experts de la Commission ont été déployés.  

Une reprogrammation du budget

Patrick Itschert de la Confédération européenne des syndicats, dit avoir un avis « mitigé » sur l’initiative. Selon lui, une reprogrammation des fonds est indispensable pour les années à venir. Mais la démarche engagée doit aller plus loin, avec un véritable plan d’investissement pour endiguer le fléau. Il a déploré l’absence d’une stratégie pour l’emploi, tandis que tous les efforts sont concentrés sur la croissance.

Florence Morillon de « Génération précaire », une association qui lutte contre l’exploitation des jeunes diplômés,  a préconisé l’instauration d’une période de carence entre les stages au sein des entreprises. Cette mesure pourrait servir à éviter l’utilisation abusive des stagiaires, une « armée de réserve en temps de crise », selon ses propres mots.

Un « défi financier »

« Le manque de qualifications en Europe » est également l’une des causes du chômage,  selon Maxime Cerutti, directeur des affaires sociales du lobby Business Europe. 2 millions d’emplois seraient non pourvus car les compétences nécessaires ne seraient pas présentes sur le marché européen.

Selon lui, Les 5,5 millions de jeunes au chômage ne représentent pas seulement un défi social, mais aussi un défi financier. « En perdant une génération, nous perdons en termes de compétitivité. »

Une Charte de qualité pour les stages 

La Commission a annoncé à l’issue du débat qu’elle inclurait dans son Paquet emploi, qui devrait être présenté le 18 avril, des « initiatives concrètes » pour l’accès des jeunes au monde du travail.

Cependant, ces « initiatives » ne se traduisent que par une consultation sur une « Charte de qualité pour les stages », qui pourrait faire l’objet d’une recommandation spécifique fin 2012. Des mesures qui ne s’avèrent pas très ambitieuses, face à l’ampleur du problème.  

L’exécutif européen a également promis d’inclure sans ce paquet un rapport sur l’expérience menée par les équipes spéciales de la Commission déployées dans les huit pays ciblés.