La crise de l'euro risque de faire de l'ombre à la présidence danoise de l'UE

Alors que le gouvernement du Danemark doit encore prêter serment, les représentants danois à Bruxelles sont en pleins préparatifs pour la présidence de l'UE qu'exercera leur pays dès le mois de janvier. Ils ne se font toutefois pas d'illusions quant à la possibilité d'établir un programme, dans la mesure où la crise de la zone euro risque bien de faire de l'ombre à la présidence.

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Alors que le gouvernement du Danemark doit encore prêter serment, les représentants danois à Bruxelles sont en pleins préparatifs pour la présidence de l'UE qu'exercera leur pays dès le mois de janvier. Ils ne se font toutefois pas d'illusions quant à la possibilité d'établir un programme, dans la mesure où la crise de la zone euro risque bien de faire de l'ombre à la présidence.

Le Danemark, qui a rejeté l'euro en 2000 lors d'un référendum, sait qu'il aura peu de chances d'influer sur les décisions les plus importantes que devra prendre l'Europe, dans la mesure où il ne participe pas aux réunions de la zone euro.

« En tant que non-membre de la zone euro, rester impliqué dans les discussions sera un défi supplémentaire », a expliqué un diplomate à la presse internationale à Bruxelles lundi (26 septembre).

« Nous avons accepté de ne pas participer à ces réunions », a-t-il ajouté. Et même si Copenhague a décidé de proposer un programme ambitieux, comme la Pologne ou la France l'ont fait lorsqu'elles étaient à la barre de l'UE, le Danemark ne se fait pas d'illusions : la crise de l'euro « fera sans doute de l'ombre à la présidence ».

« Garder le moteur européen en marche »

Le Danemark attend toujours la mise en place de son nouveau gouvernement, depuis que le Parti social-démocrate a remporté les élections le 15 septembre, mettant ainsi fin à dix années de pouvoir aux mains du centre-droit. Helle Thorning-Schmidt, la future première ministre, devrait annoncer la composition de son gouvernement avant samedi (1er octobre) et des discussions sur le programme de la présidence de l'UE devraient débuter dans le courant du mois.

La dernière fois que les Danois ont exercé la présidence tournante en 2002, les discussions à Bruxelles concernaient des thèmes positifs, comme l'élargissement de l'UE à dix nouveaux pays, pour la plupart de l'ancien bloc communiste, et le projet de constitution européenne.

« Cette fois-ci, il n'y a pas de thème global, du moins dans le sens positif du terme », a déploré le diplomate.

De plus, 2012 sera une année d'élections, avec la France qui votera pour élire un nouveau président et l'Allemagne qui se préparera à un scrutin en 2013, alors que les réformes budgétaires risquent de continuer à dominer les débats nationaux dans les deux plus grandes économies de la zone euro.

Toutefois, malgré une marge de manœuvre limitée, le diplomate a déclaré que le Danemark pourrait tout de même apporter une contribution utile.

« Notre philosophie sera de garder le moteur en marche » en dépit de la crise. « Il n'y a pas que l'euro », a-t-il affirmé, ajoutant que l'UE enregistrait toujours des résultats tangibles.

Parmi ceux-ci, il a déclaré que les discussions sur la manière de relancer l'économie devraient se retrouver en haut du programme de la réunion annuelle de printemps, qui rassemblera les dirigeants de l'UE en mars. Ce sommet sera le deuxième à avoir lieu dans le cadre du nouveau « semestre européen » de supervision des politiques économiques ; il pourrait bien représenter un premier test pour le nouveau pacte de stabilité et de croissance, actuellement en révision afin d’être renforcé pour pouvoir infliger des sanctions aux mauvais élèves du budget.

Budget à long terme de l'UE : un rabais pour le Danemark ?

Les négociations sur le budget pluriannuel de l'UE pour 2014-2020 devraient également occuper une grande place dans le programme, dans la mesure où un accord est attendu pour fin 2012.

Toutefois, le diplomate a prévenu qu'une révision majeure de la politique agricole commune, qui représente encore 40 % du budget, ne pourrait pas avoir lieu à cause des élections présidentielles françaises. « Il est assez clair que tout président français souhaitant se faire réélire ne pourrait que très difficilement accepter des réformes sur la politique agricole », a-t-il expliqué. « C'est également une des raisons pour lesquelles je ne pense pas qu'un accord [sur le budget 2014-2020] sera conclu durant la présidence danoise ».

La manière dont le budget sera approuvé va cependant changer. Pour la première fois, les négociations incluront le Parlement européen en tant que colégislateur, ce qui devrait empêcher les Etats membres de conclure des accords en coulisse, a affirmé le diplomate.

Le Danemark semble également déterminé à remettre la question des rabais sur la table. « En tant que contributeur net au budget de l'UE, notre prochain gouvernement se prononcera fermement pour l'annulation du rabais [du Royaume-Uni] » et contre les exceptions accordées à des pays riches comme l'Allemagne, la Hollande et la Suède, a-t-il déclaré.

S'il n'est pas possible de supprimer ces rabais, il a affirmé que le Danemark insisterait pour en obtenir un lui-même, comme l'avait déjà laissé entendre le premier ministre danois, Lars Loekke Rasmussen, en mai dernier. Ceci est nécessaire, dans la mesure où il devient de plus en plus difficile dans le débat politique national de faire accepter que le Danemark soit le plus grand contributeur net de l'UE par habitant, a-t-il déclaré.

Pas de présidence « bon marché »

Dans le même temps, les représentants du Danemark à Bruxelles s'attèlent à préparer la présidence qui débutera le 1er janvier, même s'ils savent que le programme peut changer à la dernière minute. « Il est difficile de définir les priorités avant d’être à une semaine du début de la présidence », a-t-il expliqué. « La possibilité d’agir est limitée ».

Il a réfuté les affirmations selon lesquelles la présidence danoise pourrait devoir se serrer la ceinture à cause de la tendance à l'austérité en Europe. « Je sais qu'on parle dans la presse danoise de « présidence au rabais » ou de « présidence bon marché, mais ce n'est pas comme cela que nous voyons les choses à Bruxelles », a-t-il déclaré. Il a en effet affirmé que le personnel de la représentation permanente danoise à l'UE serait presque doublé, passant de 80 à environ 150 personnes.

Il a toutefois admis que le Danemark organiserait moins de réunions ministérielles informelles que l'actuelle présidence polonaise de l'UE. « C'est une affaire de rentabilité », a-t-il expliqué. « L'argent que vous dépensez pour ces réunions ministérielles informelles ne donne pas forcément les résultats auxquels vous vous attendez ».

En novembre 2010, le gouvernement danois a décidé que sept réunions informelles du Conseil seraient organisées au Danemark au cours sa présidence. Le budget pour ces réunions a déjà été approuvé.